Le jeûne présenterait d’autres avantages que la perte de poids

Suite à une étude menée sur des souris, des chercheurs ont découvert que le jeûne aurait des effets bénéfiques sur la santé, au-delà de la perte de poids. Chez les rongeurs, manger moins souvent serait plus avantageux que le fait de manger simplement moins. 

Au cours de leur expérience, les chercheurs ont soumis plusieurs souris à différents régimes alimentaires. Ils ont alors constaté que celles qui recevaient moins de calories en une seule fois vivaient plus longtemps que celles qui en recevaient la même quantité, mais répartie tout au long de la journée.

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D’autre part, il s’avère que le métabolisme des souris se soit aussi amélioré lorsqu’elles ne mangeaient qu’une seule fois par jour.

Le déroulement de l’expérience

Les scientifiques savent depuis plusieurs années que la restriction calorique prolonge la durée de vie des rongeurs, a expliqué Dudley Lamming, auteur de l’étude. Cependant, les études antérieures sur la restriction calorique chez les souris incluaient uniquement un jeûne involontaire. En effet, les souris n’étaient typiquement nourries qu’une seule fois par jour.

Les travaux de recherche de Lamming consistaient à déterminer si la période entre deux repas pouvait jouer un rôle sur la santé. Les résultats ont révélé que ce n’était pas uniquement la quantité de nourriture qui importait.

Au cours de l’expérience, un groupe témoin de souris a eu un accès illimité à la nourriture habituelle. Deux autres groupes ont été soumis à une restriction calorique de 30 %. Le premier groupe avait accès à des aliments hypocaloriques toute la journée.  Quant au second, les souris consommaient une quantité d’aliments ordinaires, réduite de 30%, et en une seule fois. Il y avait un jeûne de 21 heures entre deux repas.  

Les souris soumises à un jeûne hypocalorique avec un intervalle de 21 heures entre les repas ont vécu six mois de plus que le groupe témoin. Les souris ayant eu un accès permanent  à des aliments hypocaloriques ont quant à elles vécu légèrement moins longtemps que le groupe témoin. Selon Lamming, pour bénéficier des avantages du régime hypocalorique, la période de jeûne imposée est essentielle.

Application sur l’homme

Les scientifiques ont également soumis un dernier groupe de souris à la même quantité de nourriture que le groupe témoin. Ce groupe devait par contre prendre sa ration pendant une durée de trois heures et jeûner le reste du temps. Ce dernier groupe présentait autant de résultats positifs que celui qui a suivi un régime hypocalorique et un jeûne.

Selon Lamming, les souris de ces deux groupes sont mieux capables de réguler leur glycémie et d’adapter leur métabolisme en fonction des demandes au cours de la journée. Cette particularité n’a pas été constatée chez le groupe qui a été soumis à un régime hypocalorique mais qui mangeait tout au long de la journée.

Depuis quelques temps, les régimes incluant le jeûne intermittent sont devenus très populaires. Des célébrités telles que Kourtney Kardashian et Hugh Jackman sont même adeptes de ces types de régime. Lamming a néanmoins souligné que l’on ne connait pas encore l’effet sur le long terme de cette méthode chez l’homme. Des études à court terme ont par contre confirmé ses avantages par le passé.

Pour Stephen O’Rahilly, directeur du MRC Metabolic Diseases Unit à l’Université de Cambridge, il serait difficile d’appliquer les résultats de la nouvelle étude à l’homme. La raison vient de la différence considérable entre la manière dont les souris et les humains digèrent les aliments.   Dans tous les cas, Lamming a indiqué que si leurs résultats s’appliquaient à l’homme, étaler ses repas tout au long de la journée pourrait faire perdre certains des avantages du régime hypocalorique. Le meilleur moyen pour que cela marche c’est de limiter  la période pendant laquelle on prend ses repas.

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