Le jour où la CIA vola une sonde spatiale soviétique

Voici une anecdote sur la CIA pour égayer vos soirées en famille ou entre ami(e)s, elle nous provient directement du MIT Technology Review qui l’a partagée dans une publication le 28 janvier dernier. Elle survient en pleine période de la Guerre froide (1947-1991) et plus précisément en 1959.

En octobre 1959, la Central Intelligence Agency (CIA) avait engagé un espion au Mexique, du nom d’Eduardo Diaz Silveti. Sa mission, s’il l’acceptait, était de dérober une sonde spatiale soviétique. Rien de moins que ça, toutefois, tout échec aurait pu entraîner une troisième guerre mondiale, nous rapporte Technology Review.

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Rappelons que la Guerre froide était surtout une période de fortes tensions géopolitiques entre le bloc de l’Ouest et le bloc de l’Est, ce qui conduisit chaque bloc à accélérer le développement des armes et la conquête de l’espace.

Les Soviétiques avaient une longueur d’avance par rapport aux Américains

Justement, il semblerait que les Soviétiques aient eu une longueur d’avance dans cette course spatiale. En effet, leur sonde spatiale soviétique Luna 3, également connue sous le nom de Lunik 3, était parvenue à photographier la face cachée de la Lune, alors que la NASA, de son côté, cumulait les échecs avec son programme Corona d’envoi de satellites-espions.

La mission que la CIA confia à Eduardo Diaz était alors de voler Lunik 3, ou plus précisément, de parvenir à la soustraire aux Soviétiques le temps de la démonter et de la prendre en photo sous toutes les coutures pour, finalement, remettre leur joujou aux Soviétiques. Et pour parvenir à cette fin, Eduardo Diaz avait déjà sa petite idée en tête : distraire les Soviétiques avec des prostituées.

Les ingénieurs de la NASA ont mis 7 heures à fouiller l’engin de fond en comble

En effet, les Soviétiques devaient présenter leurs dernières innovations dans une exposition qui se tenait le 21 novembre 1959. Après l’exposition, lesdites prostituées parvinrent à occuper les Soviétiques ivres à leur hôtel pendant qu’un agent mexicain prit la place du chauffeur du camion qui transportait la sonde. A 17h30, la sonde se retrouva aux mains d’Eduardo Diaz et de son équipe, dans un hangar situé à l’extérieur de Mexico.

Là, des ingénieurs de la NASA mirent sept heures à prendre en photo l’appareil de fonds en comble et à effectuer des prélèvements. En tout, ils eurent 280 photos et 60 échantillons de liquide et de carburant. Finalement, à 7 heures du matin, le camion était de retour à la gare.

Tous ces risques ont finalement été pris… pour le mauvais appareil

Toutefois, si la CIA, la NASA et l’agent secret crurent avoir réussi à mener leur mission à bien, ils se trompèrent lourdement ! En réalité, l’engin pour lequel ils s’étaient risqués à déclencher une troisième guerre mondiale et qu’ils ont pris des risques pour voler, démonter et remonter n’était autre que la Luna 2, une autre sonde soviétique qui, contrairement à Lunik 3, n’avait jamais pu être lancée !

En effet, les Soviétiques ont lancé Luna 3 en orbite un mois avant l’opération de la NASA, soit le 4 octobre 1959 et, le jour de l’opération, le véritable engin se trouvait déjà à 500.000 km de la Terre. Les Américains pourraient ainsi se sentir humiliés mais, d’un autre point de vue, on peut dire qu’il y a eu match nul puisque les Soviétiques ont perdu le contact avec la sonde le 22 octobre 1959.