Le jour où les Etats-Unis ont voulu faire exploser une bombe nucléaire sur la lune

C’est difficile à croire à l’heure actuelle, où la NASA prévoit d’envoyer des astronautes sur la Lune, mais il fut un temps où les États-Unis envisageaient de la bombarder. En effet, durant la guerre froide, motivée par la course aux armements et la conquête spatiale, l’armée soviétique aurait voulu lancer une ogive nucléaire sur la Lune, selon certaines rumeurs en tout cas. Avisé de ces supposées intentions du Kremlin, l’US Air Force aurait aussi préparé un plan similaire.

L’option était envisagée sérieusement par les hauts responsables de l’armée américaine. Cette dernière a été mise en alerte par un article de The Pittsburgh Press intitulé « Latest Red Rumor : They’ll Bomb Moon ». Peu de temps après la publication, l’Air Force a approché Leonard Reiffel, décrit par Supercluster comme un « physicien, auteur, éducateur et inventeur “.

La Lune dans la nuit
Crédits Pixabay

Leonard Reiffel a été désigné pour étudier la faisabilité et les éventuelles conséquences du projet qui a d’ailleurs reçu un nom : A119. Des personnalités notoires comme Gerard Kuiper et Carl Sagan y ont également participé.

Rien qu’un grand nuage de poussière

D’après la rumeur, les Soviétiques auraient eu l’intention de lancer leur fusée à bombe H sur la Lune. En guise de démonstration de puissance, ils l’auraient fait de sorte que la bombe explosera dans la partie sombre où l’éclair sera facilement visible depuis la Terre.

Heureusement, les résultats des études de Reiffel et son équipe, publiés en juillet 1959, ont dissuadé les États-Unis de procéder au bombardement lunaire. Dans un rapport intitulé « A Study of Lunar Research Flights », les scientifiques ont expliqué qu’une attaque nucléaire sur la Lune ne produirait pas l’apparence d’un champignon atomique comme celle d’une bombe terrestre.

Au lieu de cela, il n’en sortirait rien de plus qu’un grand nuage de poussière. Ce n’est donc pas l’option idéale pour investir des centaines de millions de dollars dans une démonstration.

Une très mauvaise idée

À cela s’ajoutent d’autres raisons comme l’opinion publique américaine qui n’approuverait pas la mission et la réponse de l’Union soviétique avec ses propres armes nucléaires sur la Lune. Par ailleurs, la Lune est un élément essentiel à la vie sur Terre.

Sa destruction n’aurait été que dommageable pour l’humanité tout entière. De toute évidence, les Etats-Unis ont fini par accepter l’idée qu’il y aurait plus de mal que de bien à gagner en lançait une ogive sur le satellite.