Le jour où nous avons mesuré l’intelligence humaine

Le quotient intellectuel reste à ce jour le seul moyen utilisé pour mesurer l’intelligence humaine. Pourtant en 2016, des chercheurs avaient tenté de la quantifier directement dans le cerveau.

On associe l’intelligence à la faculté de comprendre des postulats, à raisonner et résoudre des problèmes. On prête aux tests de QI la capacité de l’évaluer, mais beaucoup remettent en cause la fiabilité de cette approche. Des facteurs extérieurs tels que l’attention, la motivation et le stress peuvent affecter les résultats. Le quotient intellectuel ne prend en compte qu’une seule forme d’intelligence, reproche le renommé psychologue américain Howard Gardner. En effet, les tests psychométriques ne mesurent pas l’intelligence gestuelle ou l’intelligence relationnelle. En dépit des critiques, l’outil demeure néanmoins la mesure de référence pour définir l’intelligence d’une personne.

Une photo représentant le cerveau d'une femme
Crédits Pixabay

Et s’il existait un moyen plus fiable pour mesurer l’intelligence ? En réponse, une équipe de recherche de l’université de Warwick à Coventry en Angleterre avait tenté en 2016 une tout autre approche. Un papier mis en ligne en juillet 2016 sur l’Oxford Academic Journal détaille cette étude.

Mesurer l’intelligence humaine à partir de l’activité cérébrale

Le professeur Jianfeng Feng du département informatique de l’université de Warwick avait entrepris de quantifier les fonctions dynamiques cérébrales. L’objectif de la recherche était de déterminer comment les différentes parties du cerveau interagissent entre elles dans différentes situations. Une personne ayant un QI élevé est plus créative, et ses différentes zones cérébrales interagissent plus fréquemment, a montré l’étude.

Les zones cérébrales associées à l’apprentissage et au développement présentent des niveaux élevés de variabilité. Elles peuvent modifier leurs connexions neuronales avec d’autres régions plus fréquemment. Le processus prend quelques minutes ou plusieurs secondes. D’autre part, les régions qui n’ont aucun lien avec l’intelligence – les aires visuelles, auditives et sensori-motrices – présentent une faible variabilité et adaptabilité.

Le niveau de variabilité de l’activité cérébrale détermine l’intelligence, conclut l’étude de 2016. Pour arriver à cette conclusion, Feng et son équipe avaient procédé à une analyse IRM du cerveau au repos de milliers de participants dans le monde. « L’intelligence humaine est un sujet largement débattu et ce n’est que récemment que les techniques avancées d’imagerie cérébrale, telles que celles utilisées dans notre étude actuelle, nous ont permis d’obtenir des informations suffisantes pour résoudre ce problème », avait expliqué le professeur Feng.

Les pupilles pour mesurer l’intelligence humaine ?

L’équipe de l’université de Warwick n’est pas la seule à avoir exploré d’autres pistes pour déterminer l’intelligence humaine.

Toujours en 2016, des chercheurs du Georgia Institute of Technology à Atlanta, aux États-Unis, ont centré leurs travaux sur les yeux. Ils sont revenus en mars dernier avec un nouveau papier pour appuyer leur théorie. Cette étude qui avance que les pupilles seraient un indicateur du niveau intellectuel a été publiée dans la revue Science Direct.

Nous nous en étions d’ailleurs fait le relai.

Mots-clés neurologie