Le mystère de la dépression

Aujourd’hui, on estime que plus de 260 millions de personnes dans le monde souffrent de dépression. Pour le moment, les chercheurs n’ont pas encore trouvé de remède miracle à cette maladie. Depuis des années, ils tentent de déterminer les causes exactes de la dépression. Jusqu’à maintenant, ils n’y sont pas arrivés.

De précédentes recherches ont révélé que la balance entre le cortex préfrontal (situé à l’avant du cerveau) et le cortex cingulaire antérieur, placé juste à l’arrière, joue un rôle dans la régulation de l’humeur. Cependant, ces découvertes ne sont pas suffisantes pour comprendre le mécanisme qui se cache derrière la dépression. À l’heure actuelle, les scientifiques se posent encore de nombreuses questions au sujet de la dépression.

Une femme en train de déprimer
Image par Free-Photos de Pixabay

Ils se demandent notamment s’il y a vraiment un trouble singulier appelé dépression ou si c’est une étiquette qui regroupe un ensemble de troubles distincts caractérisés par des symptômes similaires, mais avec des mécanismes cérébraux différents.

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Regrouper les travaux des neuroscientifiques

Le neuroscientifique Sean Hill fait partie des chercheurs qui ont consacré une grande partie de leur carrière à étudier le cerveau humain. Actuellement, il travaille au sein du Krembil Centre for Neuroinformatics (KCNI). Pour lui, si on veut en apprendre plus sur la dépression, il faut regrouper tous les travaux des neuroscientifiques à ce sujet.

« Il faut que nos collègues aient envie de nous rejoindre pour collaborer avec nous », a-t-il déclaré.

Mais c’est plus facile à dire qu’à faire. En effet, à en croire Sean Hill, les neuroscientifiques sont peu enclins à partager leurs données :

« Il y a cette vieille blague qui dit que les neuroscientifiques préfèreraient partager leur brosse à dents plutôt que leurs données. »

Focus sur nos neurones

Des travaux réalisés par Sean Hill et son collègue du KNCI, Homeira Moradi, ont permis de trouver une piste qui pourrait nous aider à mieux comprendre la dépression. À en croire les deux neuroscientifiques, le secret de cette maladie pourrait se trouver au niveau de nos neurones.

Lorsque les neurones reçoivent des signaux, ils les amplifient ou les atténuent avant de les transmettre aux neurones adjacents. Cela permet au cerveau de sélectionner les stimuli auxquels il doit prêter attention. Les chercheurs pensent que chez une personne dépressive, les neurones échouent à atténuer certains signaux. Dans le cas de la dépression, les neurones pousseraient le cerveau à ruminer inutilement des pensées négatives.

Cette théorie est très intéressante, mais reste toutefois à vérifier.