Le mystère de l’Île de Giglio, où personne ne contracte le Covid-19

Avec plusieurs millions de victimes à son actif, la pandémie de Coronavirus Covid-19 est partout ! Ou presque. Dans le sud de l’Italie, une petite île de la région de Toscane est étrangement épargnée par le virus qui a pourtant contaminé 250 000 personnes et fait plus de 35 000 morts dans le pays.

Pour les chercheurs italiens, l’Île de Giglio est un véritable mystère : en effet depuis mars dernier (le début de la pandémie), aucun décès n’y a été déploré, car aucun des 800 habitants de l’île n’a été touché par la maladie. Or il se trouve que certains ont été en contact pendant plusieurs jours avec des visiteurs en provenance du continent et qui ont été testés positifs au virus Sars-Cov-2 !

Un homme équipé de masque et de gants

Crédits Pixabay

Mais comment est-ce possible ? Paula Muti, une ex-épidémiologiste aujourd’hui chercheuse à l’université de Milan, a mené l’enquête pour essayer de comprendre cet étrange phénomène.

Aucun insulaire touché par le virus !

D’après un reportage de l’agence Associated Press (que l’on peut retrouver sur le site MedicalXpress), l’Île de Giglio compte bien des cas de Coronavirus Covid-19, il s’agit tous de cas importés. Aucun des malades n’était en effet résident de l’île. Toutes les personnes qui ont contracté le virus étaient des « étrangers » venus pour visiter la famille ou pour faire un peu de tourisme.

Le premier cas rapporté est un homme venu pour un enterrement et qui est décédé trois semaines après être retourné sur le continent. Trois autres cas ont aussi été rapportés, toujours des visiteurs, mais cette fois-ci en provenance du nord de l’Italie, à l’époque épicentre de la pandémie en Europe.

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Des hypothèses pas très convaincantes

Théoriquement, la présence de toutes ces personnes testées positives aurait dû faire exploser le cas de contaminations au Coronavirus Covid-19 sur l’Île de Giglio. Oui, mais voilà, sur les 723 volontaires qui ont accepté de se faire dépister, un seul habitant a présenté des anticorps contre le virus, signe qu’il y a été exposé, mais qu’il est parvenu à le combattre.

Pour expliquer ce phénomène, Paula Muti a émis plusieurs hypothèses plausibles : elle a notamment avancé que la charge virale à laquelle l’île a été exposée n’était peut-être pas assez suffisante pour contaminer les habitants exposés. Elle a aussi évoqué une variante génétique chez les résidents de l’île, mais aucune de ces deux explications n’est vraiment convaincante pour le moment.

Paula Muti poursuit actuellement ses recherches pour essayer d’en savoir davantage. En attendant, l’Île de Giglio reste un mystère pour les scientifiques et les médecins italiens.

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