Le mystère des chameaux sculptés d’Arabie Saoudite

Des chercheurs ont récemment découvert des sculptures monumentales d’animaux dans la province d’Al-Jawf, au nord-ouest de l’Arabie Saoudite. Plus précisément, la trouvaille a eu lieu sur le « Camel Site » ou « Site du chameau » qui ne suscite l’intérêt des scientifiques que maintenant. C’étaient des riverains qui ont signalé la présence des gravures à une équipe de scientifiques saoudiens et français.

Ces œuvres anciens représentent, de manière très réaliste, au moins onze dromadaires et deux équidés (dont un âne ou un mulet), en haut et bas reliefs. Leurs auteurs ont fait preuve d’un savoir-faire exceptionnel. Cette découverte pourrait permettre aux historiens de mieux comprendre l’évolution de l’art rupestre dans cette région du monde.

Chameaux

Toutefois, « le site est entouré d’un mystère qui ne sera pas résolu avant longtemps », a déclaré Guillaume Charloux, du laboratoire Orient & Méditerranée, textes, archéologie, histoire, et auteur de deux précédentes études sur le site.

Aucune datation exacte

Les chercheurs trouvent en effet des difficultés à attribuer une datation exacte à ces sculptures antiques. Néanmoins, celles-ci présentent des caractéristiques plus ou moins semblables aux modèles parthes et nabatéens. Cela suggère que les dessins étaient là depuis les premiers siècles avant et après notre ère.

« Les Nabatéens étaient fortement implantés dans la région, et auraient pu avoir une communauté dans les environs. Ils commerçaient aussi avec la Mésopotamie, ce qui sous-entend que les éperons auraient pu être une borne sur une ancienne route caravanière », a avancé l’expert.

En tout cas, la patine qui les recouvre et les traces du long processus d’érosion prouvent qu’ils sont très anciens.

Autres énigmes

En outre, ce qui rend la découverte encore plus mystérieuse, c’est qu’aucune autre trace de civilisation humaine n’a été retrouvée sur les lieux. « Hormis les outils en silex retrouvés à proximité, nous n’avons aucun élément de datation diagnostique et nous ne sommes pas certains que ces objets aient servi à réaliser les sculptures », précise Guillaume Charloux.

Ainsi, jusqu’ici, on ne sait pas qui ont dessiné ces chameaux grandeur nature ni pourquoi ils l’ont fait. Les chercheurs pensent que ces sculptures étaient là pour des raisons politiques ou religieuses.

Quoi qu’il en soit, Guillaume Charloux estime que « cette découverte, dans un secteur quasiment inexploré, est vraiment exceptionnelle ». « Ces représentations ont nécessité plusieurs sculpteurs, et plusieurs jours de travail chacune », a-t-il poursuivi. « Nous espérons désormais que des spécialistes de l’art rupestre vont s’y intéresser », a-t-il enfin ajouté.