Le patron de Vodafone veut que les Etats-Unis partagent les preuves alléguant que Huawei représente une menace

Le directeur général de Vodafone, Nick Read, a déclaré le lundi 25 février 2019 que les États-Unis devraient partager avec l’Europe les preuves alléguant que Huawei est une menace pour la sécurité nationale.

Selon ce responsable de Vodafone, ces preuves permettront aux autorités européennes de se mettre d’accord sur les décisions à prendre par rapport à l’entreprise chinoise et à ses équipements de réseaux 5G.

En effet, Huawei fait l’objet d’une surveillance internationale depuis que les États-Unis ont demandé à ses alliés d’interdire le déploiement des équipements de Huawei sur leur territoire, sous risque d’atteinte à leur sécurité nationale. Le gouvernement américain est persuadé que l’entreprise chinoise fait de l’espionnage pour le compte du gouvernement chinois.

Les acteurs du secteur des télécommunications se demandent si Huawei est réellement une menace

Rappelons néanmoins que Huawei est actuellement le premier fournisseur mondial d’équipements de télécommunications.

Il est suivi de près par l’entreprise suédoise Ericsson et la société finlandaise Nokia. Vodafone, quant à lui, est le deuxième plus grand opérateur de téléphonie mobile au monde et son directeur général estime que réduire le nombre de fournisseurs de réseaux porterait préjudice au secteur et à la croissance économique. Nick Read propose ainsi « un examen factuel fondé sur l’évaluation du risque ».

Le patron de Vodafone constate que beaucoup d’acteurs de l’industrie des télécommunications pensent que les accusations sur Huawei sont infondées. Loin d’accuser les États-Unis de mentir ou d’inventer des raisons pour empêcher le déploiement de la technologie 5G, le dirigeant de Vodafone demande toutefois à ce que le gouvernement américain procure des preuves à l’appui de leurs accusations sur la menace Huawei.

Interdire Huawei n’est pas la solution

Nick Read déclare ainsi que les États-Unis « doivent clairement présenter des preuves aux organismes compétents dans toute l’Europe ».

Il ajoute également qu’à l’heure actuelle, les entreprises de téléphonie mobile sont dans une situation inconfortable face à ce dilemme entre les États-Unis et Huawei. Vodafone, en particulier, a mis en attente tout projet d’intégration des équipements réseau de Huawei dans ses réseaux centraux en Europe. Du moins, jusqu’à ce que les gouvernements se mettent d’accord sur la marche à suivre concernant le cas de Huawei.

En tout cas, pour Nick Read, interdire Huawei de déployer ses réseaux 5G n’est pas si simple en ce sens que les équipements de Huawei ont déjà été utilisés en Europe pour déployer le réseau 4G. D’autant plus que le patron de Vodafone prévient que mettre à l’écart Huawei désavantagerait à coup sûr d’Europe et retarderait le déploiement de la 5G de deux ans.

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