Le Pentagone veut plus d’armes nucléaires

Encore plus d’armes nucléaires pour les Etats-Unis ? C’est en tout cas ce qu’a demandé l’Amiral Charles Richard, Commandant de l’U.S. Strategic Command ou STRATCOM, en charge des armes nucléaires, lorsqu’il est intervenu auprès du Sénat le 20 avril dernier.

Richard a déclaré au cours de la séance d’examen de routine du budget du Pentagone que l’entretien et la modernisation de l’arsenal nucléaire des Etats-Unis étaient maintenant devenus quelque chose d’obligatoire. Devant le comité chargé des services armés du Sénat, Richard a ainsi demandé plus d’argent pour de meilleures armes nucléaires, l’une des raisons étant que la Russie et la Chine sont devenues très dangereuses.

Crédits Pixabay

Richard a expliqué que l’infrastructure nucléaire des Etats-Unis était en train de s’effriter, et que certains des missiles balistiques intercontinentaux ou ICBM étaient là depuis les années 70. Parmi les exemples qu’il a cités, il a aussi parlé des systèmes de commande et de contrôle facilitant la communication entre les différentes armes nucléaires et les machines de guerre qui fonctionnent encore à l’aide de vieux ordinateurs. Ainsi, selon Richard, il n’y a pas de marge d’erreur en ce qui concerne le budget de la défense. Si l’on se rend compte que l’on s’est trompé, la décision de reporter pourrait nécessiter 10 à 15 ans pour se relever, et cela va rendre la nation incapable de répondre aux menaces.

Les ennemis des Etats-Unis

Pour la STRATCOM, la devise c’est : « La paix est notre profession ». Cette organisation a d’ailleurs une façon de voir le monde assez particulière. Dans leur logique, les Etats-Unis empêchent les pays comme la Russie et la Chine d’utiliser des armes nucléaires en gardant le monde entier dans une peur constante d’une annihilation nucléaire. Ils pensent ainsi que l’idée que l’Amérique pourrait lâcher une apocalypse nucléaire sur le monde est si horrible que la Russie et la Chine n’oseront jamais l’attaquer, même avec des armes conventionnelles.

Au cours de son intervention au Sénat, Richard a maintes fois répété que la Chine était une nouvelle menace nucléaire terrifiante. L’on sait que les Etats-Unis possèdent un total de 5500 armes nucléaires dont environ 1700 sont déployées partout sur la planète. Le pays a donc déployé 1500 armes nucléaires de plus que ce que la Chine possède en tout selon les estimations du Pentagone. Cependant, Richard et d’autres personnalités pensent que la Chine est actuellement en train de construire furtivement plus d’armes nucléaires et de meilleure qualité.

En général, la STRATCOM pense que le monde est un endroit terrifiant. En effet, la Chine est en train de développer son arsenal nucléaire, la Corée du Nord a des missiles ICBM pointés sur les U.S.A, et bien entendu, il y a la Russie qui continue de développer des armes atomiques dévastatrices. Richard a ainsi indiqué qu’il était censé dissuader tous les pays en même temps, et qu’il ne faut pas oublier que la plupart des quantités dont on parle ici ont été décidées lorsque le niveau de menace était bien plus « bénin » que ce que l’on peut voir aujourd’hui.

Une paix dictée par la peur

Lorsqu’il était devant le comité, Richard a insisté que les U.S.A avaient besoin des meilleures armes nucléaires pour faire face à la menace de la Russie et de la Chine. Il a même parlé de l’idée de faire voler des bombardiers de l’U.S. Air Force avec des bombes nucléaires à leur bord comme armes de dissuasion dans le cas où il y aurait un problème avec les missiles ICBM.

Cette tactique reposant sur des bombardiers avait déjà été utilisée par les Etats-Unis après la Seconde Guerre Mondiale. Le pays a maintenu la peur d’une annihilation nucléaire auprès de ses ennemis en faisant voler les avions 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 au-dessus du monde. Cette stratégie s’est toutefois soldée par un désastre puisqu’il y a eu de nombreux accidents avec les pilotes et membres d’équipage forcés de travailler sans relâche.

Gérer des armes nucléaires n’est pas une tâche facile, surtout pour les Etats-Unis qui se positionnent en quelque sorte comme l’un des « arbitres » dans le domaine. En tout cas, attendons de voir comment va réagir le Sénat par rapport à cette demande de la STRATCOM. Espérons seulement que les décisions qui seront prises ne conduiront pas à de nouvelles crises comme on a pu en voir durant la Guerre Froide.