Le phénomène d’antibiorésistance touche les ours depuis plusieurs décennies

Rien qu’aux États-Unis, 35 000 personnes perdent la vie chaque année à cause de la résistance des bactéries aux antibiotiques. Ce phénomène représente un véritable danger, non seulement pour nous les humains, mais également pour les autres espèces. D’ailleurs, saviez-vous que l’antibiorésistance peut aussi toucher les animaux ?

C’est justement ce qu’une étude parue récemment dans Current Biology nous apprend. Selon Jaelle Brealey, de l’Université norvégienne de sciences et de la technologie, et ses collègues, l’antibiorésistance affecte également les ours.

Un ours polaire en train de nager
Image par echoyan de Pixabay

Les chercheurs se sont penchés sur l’étude de crânes d’ours bruns dans le cadre de cette étude. Apparemment, ces derniers ont développé cette antibiorésistance à partir de 1950.

Les ours sont affectés depuis les années 50

Jaelle Brealey et son équipe ont ainsi analysé des crânes de nombreux ours bruns de Suède. En examinant les tartres présents sur 82 crocs, ils ont constaté que quelques années après l’essor de l’industrie antimicrobienne, remontant aux années 40, les bactéries responsables de ces tartres chez les ours ont commencé à développer une antibiorésistance.

Selon Katerina Guschanski, de l’Université d’Uppsala (Suède), la prévalence en bactéries résistantes aux antibiotiques est la même, tant chez les ours qui viennent dans les régions reculées que chez les spécimens qui vivent près des villes. Et cela témoigne bien de l’ampleur du phénomène.

Selon les chercheurs, les eaux usées, qui ont contaminé l’environnement à vitesse grand V sont à mettre en cause dans cette histoire. L’utilisation d’antibiotiques dans l’agriculture contribue également à exacerber le phénomène.

Nous pouvons encore remédier à ce phénomène

Dans les années 80, le gouvernement suédois a prohibé l’usage d’antibiotiques dans le secteur de l’agriculture. Ensuite, en 1995, un programme destiné à combattre le phénomène d’antibiorésistance a été mis en place. Cela a eu un impact très positif si l’on se fie aux conclusions des travaux de Brealey et de son équipe.

En effet, ces derniers affirment que les bactéries présentes chez les ours bruns nés après 1995 ont une résistance aux antibiotiques nettement inférieure comparée aux chiffres de leurs prédécesseurs.

C’est clair, les activités humaines affectent négativement la nature dans ce contexte. Ceci dit, l’application des bonnes politiques concernant les antibiotiques et leur utilisation permet d’endiguer le phénomène, voire d’inverser la tendance.

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