Le premier « gigafeu » de la Californie moderne

Quand un feu est qualifié par les chercheurs de « gigafeu », cela veut dire qu’un million d’acres ont été brûlés. En d’autres termes, c’est un brasier avec une surface de plus de 404 685 hectares, une superficie plus importante que celle du Rhode Island. Les actuels feux qui touchent l’Ouest américain ont atteint ce record malheureux, le lundi 5 octobre.

Ces dernières années, ce genre de sinistre est de plus en plus fréquent et dévastateur en Californie. À ce jour, seulement la moitié du brasier est maîtrisée par les autorités, car le relief montagneux, constituant des zones difficiles d’accès, complique le travail des pompiers.

Incendie

La région n’est pas encore sortie de l’auberge, et les climatologues estiment que la situation va s’aggraver au fil des années.

Des feux puissants et ravageurs

Sur les cinq plus grands incendies de l’année 2020, quatre ont ravagé le Golden State. Si on faisait une comparaison des 20 feux de forêt les plus importants aux États-Unis depuis l’an 2000, 17 d’entre eux ont touché celui que l’on surnomme le « Grape State ». Les vents de Santa Ana et Diablo ne sont pas là pour arranger les choses, car ils facilitent la propagation des flammes.

Les feux ravagent des infrastructures et tuent des dizaines de personnes depuis quelques mois. Le complexe d’incendie survenu en 2018 n’est qu’un petit joueur comparé à celui de cette année. Le dernier « gigafeu » recensé par la National Interagency Fire est survenu en 2004, dans l’Alaska. Pour la Californie moderne, c’est la première fois qu’un tel désastre survient.

Un risque grandissant avec le temps

La combustion est souvent indomptable, consumant rapidement des territoires gigantesques, tout en sachant que le Golden State est l’état le plus peuplé des USA. L’explosion de la population dans les zones rurales et en bordure des villes y est pour quelque chose. Le mode de distribution de l’électricité, ainsi que la gestion des forêts sont les principaux coupables. Notons également le réchauffement climatique qui assèche la végétation et la rend inflammable à la moindre étincelle.

Le seul autre pays où de telles fournaises sont régulières, c’est en Australie. En Amérique, les statistiques du Climate Central montrent que la fréquence de ce genre de catastrophe a augmenté de 300 %, par rapport à une cinquantaine d’années auparavant. Les scientifiques estiment qu’à cause de la situation climatique et de l’augmentation des émissions de CO2, ces incendies capables de dévaster plus d’un million d’acres risquent de devenir habituels dans les années à venir.