Le Québec ne veut plus de crédits d’impôt pour le porno

Le Québec a pris une décision radicale. Comme nous l’apprend le site La Presse, il n’accordera bientôt plus de crédits d’impôt pour le porno. Cette décision fait suite à un examen de la législation fiscale. Une fois qu’elle entrera en vigueur, les diffuseurs de matériel pornographique tel que MindGeek, la société mère de Pornhub, ne pourront plus jouir de ces fameux crédits.

Il s’agit d’un énième coup dur pour cette firme qui a connu une période assez mouvementée. Pour rappel, MindGeek se trouve au centre d’un énorme scandale depuis la parution d’un article publié par le New York Times en novembre 2020. Il avait notamment révélé que Pornhub hébergeait des vidéos de viols et d’abus sur mineur sur sa plateforme. Cette affaire est toujours en cours et MindGeek fait actuellement l’objet d’une enquête.

Le ventre d'une femme dans la pénombre
Crédits Pixabay

La décision du Québec aura certainement un impact sur ses activités.

Le Québec se veut plus strict

Cette information a été confirmée par la publication du budget Girard, le jeudi 25 mars 2021. La suspension des crédits d’impôt s’applique aux producteurs et aux diffuseurs de contenus pornographiques qui se trouvent au Québec.  Eric Girard, le ministre des Finances, a évoqué ce sujet dans son discours.

« J’annonce que la diffusion de contenus comportant des scènes de sexualité explicite ne pourra plus bénéficier de mesures fiscales incitatives. Des restrictions seront ajoutées à cette fin dans la législation fiscale », peut-on lire.

Des vérifications s’imposent

Comme le soulignent les documents budgétaires, « le gouvernement souhaite s’assurer que la diffusion de contenus qui comportent des scènes de sexualité explicite ne bénéficie pas d’incitatifs fiscaux. » Pour le moment, on ignore si MindGeek a déjà bénéficié de crédits d’impôt de la part du Québec. Revenu Québec, le responsable de plusieurs de ces incitatifs financiers, ne s’est jamais exprimé à ce sujet par souci de confidentialité.

Toutefois, on sait qu’en décembre 2020, le géant montréalais de la pornographie a obtenu environ 100 000 $ de subventions venant du Québec. Sur ces 100 000 $, 7 000 étaient issus du Fonds vert. On soulignera le fait que ces changements ne touchent pas uniquement les diffuseurs de matériel pornographique.

Les crédits d’impôt pour l’investissement et l’innovation, la recherche scientifique et le développement expérimental ou encore les titres multimédias feront également l’objet de modifications.