Le réchauffement climatique serait trois fois plus important au Pôle Sud comparé au reste du globe

Selon les conclusions d’une récente étude publiée dans la revue Nature Climate Change, le pôle sud aurait subi un réchauffement record, soit trois fois plus que la moyenne mondiale, au cours de ces trois dernières décennies.

Pour arriver à ces conclusions, une équipe internationale de chercheurs néo-Zélandais, britanniques et américains se sont penchés sur des données météorologiques récoltées sur une période de 60 ans, afin de concevoir un modèle informatique pour trouver la raison de ce réchauffement.

Le réchauffement climatique serait trois fois plus rapide au Pôle sud comparé aux autres endroits du globe

Photo de Michelle Maria. Crédits Pixabay.

Apparemment, tandis qu’on croyait que l’Antarctique était resté froid même si le reste du globe était sujet à un réchauffement, c’est tout à fait le contraire. Le modèle informatique élaboré a montré que le continent glacé austral n’était finalement pas à l’abri du réchauffement.

Un réchauffement dû à des températures plus chaudes des océans tropicaux

D’après ces chercheurs, ce réchauffement exceptionnel du Pôle Sud serait en fait dû à une anomalie de la pression atmosphérique dans la mer de Weddell, dans l’océan glacial Antarctique.

En effet, avec le réchauffement climatique dû à l’effet de serre, l’augmentation de la température de l’eau dans le Pacifique occidental a entraîné une baisse de la pression atmosphérique au niveau cette mer et cela fait augmenter le flux d’air chaud au-dessus de l’Antarctique.

Ce phénomène, appelé « oscillation inter-décadale du Pacifique » (IPO), serait donc la principale explication de ce réchauffement au niveau du continent polaire austral.

Toutefois, l’activité humaine ne serait pas étrangère à la fonte de ses glaciers qui est de plus en plus visible.

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Une conclusion à laquelle les chercheurs ne s’attendaient pas forcément

Le pôle sud se réchauffait donc à un rythme de 0,6 °C tous les dix ans, depuis 1989, contre 0,2 °C pour le reste du monde, selon le modèle informatique conçu par cette équipe de chercheurs.

Et bien que l’Antarctique soit la région la plus froide de la planète, aucun signal de ce réchauffement n’a pu été constaté au cours du 20e siècle.

« On soupçonnait que cette partie de l’Antarctique pourrait être à l’abri du réchauffement. Nous avons constaté que ce n’était plus le cas », déclarait le principal auteur de l’étude, Kyle Clem de l’Université Victoria de Wellington, à l’AFP.

Sur notre planète, les glaciers des pôles jouent un rôle important dans le maintien de l’équilibre dynamique entre la masse océanique et la masse continentale. Ce réchauffement, accéléré en Antarctique, contribue indéniablement à la montée du niveau des océans. Reste à savoir dans quelle proportion exactement.

Quoi qu’il en soit, ce changement de climat au niveau du pôle austral pourrait bien devenir une problématique à l’échelle mondiale.

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