Le Revenge Porn a fait une victime en Espagne

Le Revenge Porn a fait une nouvelle victime, cette fois en Espagne, où une femme de trente-deux ans a mis fin à ses jours. Des vidéos intimes la mettant en scène circulaient au sein de son entreprise depuis plus d’un mois. Brisée, elle a préféré en finir. Elle avait deux enfants en bas âge.

Véronica avait une trentaine d’années et elle travaillait dans une usine située dans la région de Madrid.

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Elle coulait des jours heureux avec ses deux enfants, mais tout a changé en mai lorsque des vidéos intimes ont commencé à circuler au sein de son entreprise.

Des vidéos ont commencé à circuler dans son entreprise

Si ces dernières se limitaient à une sphère d’une vingtaine de personnes au début, elles se sont rapidement propagées à travers les équipes de l’usine. D’après l’enquête menée par les forces de l’ordre, à la fin, plus de deux cents personnes ont eu accès aux images.

À l’heure actuelle, les enquêteurs n’ont pas encore réussi à déterminer la source de cette fuite. Ils ont cependant un suspect, en la personne d’un ancien petit ami.

Les vidéos ont en effet été tournées cinq ans plus tôt, avant le mariage de Véronica, et alors même qu’elle avait une relation intime avec cet homme.

L’enquête a également révélé que cette fuite n’était pas la première ; ces vidéos avaient été rendues une première fois publiques il y a quelques années de cela, mais Véronica avait réussi à éviter leur propagation.

Cela n’a malheureusement pas été le cas cette fois.

Pendant plusieurs semaines, Véronica a donc dû faire face à des remarques salaces et déplacées. Ses collègues riaient sur son passage et certains sont même venus lui demander si c’était bien elle qui apparaissait dans les vidéos qui s’échangeaient sous le manteau au sein de l’équipe.

Les RH ont refusé de l’aider

Humiliée, Véronica a bien tenté de prévenir les ressources humaines de l’usine et elle a même participé à une réunion le 23 mai. Réunion durant laquelle elle a donné un nom. Le représentant de l’entreprise lui a cependant signifié qu’il ne pouvait rien pour elle et que c’était une affaire privée.

La seule solution qui lui a été proposée était donc de se mettre en congé maladie ou de demander son transfert dans une autre division. Le syndicat de l’usine, pour sa part, a tenté de lui venir en aide le vendredi, mais Véronica était déjà rentrée chez elle. Elle a mis fin à ses jours le lendemain.

Choqué, le père de la jeune femme a déposé plainte. Le procureur a donc ordonné l’ouverture d’une enquête. L’ancien petit ami a nié être l’auteur de la fuite et il a été libéré en attendant d’être entendu par un juge.

L’affaire a fait beaucoup de bruit en Espagne. Des manifestations ont été organisées à Madrid. Pour beaucoup, l’entreprise n’a pas fait suffisamment pour protéger son employée. Il faudra cependant attendre le jugement pour savoir si la responsabilité de l’employeur est retenue.

Il peut être utile de rappeler que le Revenge Porn n’a rien d’amusant ou de divertissant. En France, cette pratique est considérée comme un crime, un crime passible de deux ans d’emprisonnement et de 60 000 € d’amende.

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