Le revenge porn explose au Royaume Uni depuis le confinement

Le confinement dû à la propagation du Covid-19 a affecté presque la totalité de la population mondiale. Au cours de ces derniers mois, on a pu observer certains changements au niveau de la façon de vivre de beaucoup de gens, que ce soit en bien ou en mal.

Au Royaume-Uni, il a été constaté que le phénomène de revenge porn a pris de l’ampleur, une conséquence probable du confinement, comme l’indiquent les experts.

Une femme se tenant le visage dans la pénombre

Photo de Juan Pablo Serrano Arenas provenant de Pexels

Le revenge porn, c’est le fait de partager des contenus pornographiques montrant certaines personnes sans le consentement de ces dernières.

En général, il s’agit d’un acte de vengeance envers la personne, d’où le nom du phénomène. L’on sait cependant que partager des contenus de ce type sans consentement est illégal en Angleterre, en Écosse et au Pays de Galles. Pourtant, d’après le service d’assistance téléphonique financé par le gouvernement, les forces de l’ordre auraient déjà reçu près de 2 050 appels cette année, ce qui représente une augmentation de 22 % par rapport à l’année dernière.

Bien que les mesures de confinement soient actuellement en train d’être allégées, les responsables ont constaté que le nombre de cas de revenge porn reste assez élevé. L’organisme caritatif Refuge, qui se spécialise dans la violence domestique, a découvert au cours d’une enquête qu’une jeune femme sur sept aurait reçu des menaces relatives à la publication de leurs photos intimes sans leur consentement.

Le confinement en cause ?

Jusqu’ici, cette année a vu plus de cas de pornographie non consensuelle rapportés au service d’assistance téléphonique que l’année 2019 toute entière. Selon les informations, presque les deux tiers de ces cas impliqueraient des femmes.

Selon Sophie Mortimer, qui est à la tête du service d’assistance, cette augmentation soutenue est la preuve d’un comportement déclenché par le confinement, mais aussi une conscience du crime plus grande.

C’est l’organisme caritatif South West Grid for Learning qui est en charge du service d’assistance téléphonique. Il s’agit d’une section de l’UK Safer Internet Centre. Cette année, ils ont déjà pu faire supprimer 22 515 images, c’est-à-dire 94 % de celles qui avaient été rapportées par des victimes.

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Une situation inquiétante

David Wright, le directeur d’UK Safer Internet Centre, s’est exprimé par rapport à cette augmentation du revenge porn au Royaume-Uni. Selon lui, le confinement a apporté avec lui certaines circonstances pouvant mener à un grand nombre de problèmes. Il a ajouté que ce qu’on peut voir aujourd’hui pourrait suggérer que quelque chose de plus durable est en train de se passer. Il craint ainsi que cette situation ne devienne « la nouvelle norme ».

L’organisme caritatif Women’s Aid a également conduit une étude sur la situation par rapport à la violence conjugale et a découvert que plus de 60 % des survivants vivant avec leur agresseur ont rapporté que les abus qu’ils avaient subis ont empiré au cours du confinement.

Pour Lucy Hadley, qui est responsable de campagne et de stratégie politique, le fait de publier des images privées à caractère sexuel, ou menacer de le faire, est une forme commune d’abus, particulièrement nocive pour les femmes. Les abus basés sur les images, comme c’est le cas du revenge porn, doivent ainsi être sérieusement considérés.

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