Le Royaume-Uni a une dent contre le porno « non conventionnel »

Le Royaume-Uni aurait-il une dent contre la pornographie en ligne ? Il faut croire que c’est le cas. Les autorités travaillent en effet en ce moment sur un nouveau projet de loi numérique et ce dernier prévoit de leur donner le pouvoir de censurer – et donc de bloquer – tous les contenus « non conventionnels » afin de protéger les internautes.

Le Digital Economy Bill, c’est le nom de ce fameux projet de loi, regroupe une série d’articles portant sur l’économie numérique et sur les nouvelles technologies.

Digital Economy Bill

Les autorités britanniques travaillent sur un nouveau projet de loi très décrié.

Histoire de bien faire les choses, les auteurs de ce document ont consacré toute une section aux contenus pornographiques en ligne.

Les contenus sexuels « non conventionnels » en ligne de mire

L’idée est assez simple, les autorités souhaitent avoir la main mise sur les contenus pour adultes diffusés sur internet et les placer ainsi sous la responsabilité du BBFC et donc du British Board of Film Classification.

Il est évidemment possible que ces quatre lettres ne vous parlent pas et c’est assez logique puisque cet organisme est uniquement présent sur le sol anglais.

Fondé en 1912, il a en charge la classification des films, des émissions de télévision et des jeux vidéo commercialisés sur le territoire britannique. Il a notamment mis en place une signalétique complète afin de guider les adolescents (et surtout leurs parents) dans leurs achats afin d’éviter que ces derniers ne soient exposés à des contenus violents ou choquants.

Cette dernière a depuis été remplacée par le PEGI.

Si ce projet de loi passe, alors le BBFC aura le droit de demander aux fournisseurs d’accès de suspendre l’accès à tous les contenus pornographiques considérés comme étant « non conventionnels ». Dans cette liste, on trouverait notamment les contenus sadomasochistes ou violents, mais aussi tout ce qui a trait à l’urophilie, aux menstruations, aux éjaculations féminines ou même aux scènes de voyeurisme.

Un problème de classification

Cette classification ne date d’ailleurs pas d’hier puisque ces contenus sont interdits depuis plusieurs années à la vente ou à la location sur le territoire britannique. Les autorités estiment effectivement qu’ils représentent un danger pour les publics les plus fragiles, comme les adolescents ou même les jeunes adultes.

Cette section est évidemment très décriée par les défenseurs des libertés individuelles. Jodie Ginsberg (Index of Censorship) estime ainsi que le gouvernement ne devrait pas avoir le droit de mettre son nez dans la vie sexuelle des gens, et encore moins la possibilité de déclarer une activité particulière comme étant non conventionnelle.

Jerry Barnet, l’auteur de Porn Panic, pense la même chose et il a d’ailleurs pointé du doigt à de multiples reprises les incohérences de ce projet de loi. Il estime ainsi que l’éjaculation féminine n’a rien de dangereux ni de vulgaire et il ne comprend ainsi pas pourquoi cette pratique fait partie de cette liste.

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