Le Royaume-Uni abandonne son système de vérification d’âge sur les sites porno

En vertu de la loi sur l’économie numérique adoptée en 2017, le Royaume-Uni s’est engagé à protéger les mineurs en ligne. Ainsi, le gouvernement britannique a envisagé de mettre en place un système de vérification de l’âge des utilisateurs des sites pornographiques par le biais d’une loi.

En juin 2019, l’entrée en vigueur de la loi a été retardée de plus de six mois pour des raisons administratives. Mais finalement, le mercredi 16 octobre, le secrétaire numérique britannique Nicky Morgan a annoncé que le gouvernement abandonnait son plan pour empêcher les mineurs de naviguer sur des sites inappropriés.

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Cependant, le gouvernement n’a pas l’intention de se rétracter de son engagement à assurer la sécurité des enfants lorsqu’ils surfent sur le Net.

Pas la bonne solution

La loi sur la vérification de l’âge des utilisateurs avait pour but de forcer les sites pornographiques à demander l’âge de l’utilisateur avant de leur permettre d’accéder aux contenus. Ainsi, les sites qui violent cette obligation étaient censés être mis sur liste noire et bloqués par les fournisseurs de service internet.

Aujourd’hui, le gouvernement est finalement convaincu que l’application de cette loi n’est pas la solution pour diverses raisons.

Deux principales critiques ont fait obstacle au projet du gouvernement britannique : d’une part la protection des mineurs face aux sites pornographiques étrangers et d’autre part la limitation importante de l’accès des Britanniques aux contenus légitimes.

L’approche aurait présenté aussi des risques d’atteinte à la vie privée par la transmission des informations personnelles des utilisateurs à des sites pornographiques alors que la loi en la matière n’offre aucune garantie de protection de ces données.

Un nouveau régime de protection des mineurs en ligne

Malgré l’abandon du projet, Nicky Morgan a affirmé que « l’engagement du gouvernement à protéger les enfants en ligne est inébranlable ». Ainsi, les autorités britanniques ont décidé de s’y prendre d’une tout autre manière.

D’ailleurs, le gouvernement britannique prépare une nouvelle réglementation des préjudices en ligne. Le contenu détaillé de ce nouveau projet n’a pas encore été dévoilé. Il a juste été annoncé qu’un nouvel organisme se chargera de faire respecter « une obligation de diligence » aux fournisseurs de pornographie en ligne. Mais cette nouvelle réglementation vaut-elle la peine de faire ce demi-tour ? Affaire à suivre.