Le Royaume-Uni continue sa croisade contre les sites pirates

Le Royaume-Uni et la neutralité du net, ce n’est pas vraiment ça. Le gouvernement anglais a effectivement déclaré la guerre au piratage et il est prêt à tout pour enrayer le phénomène. Preuve en est, il vient d’ajouter pas moins de 90 sites à sa liste noire personnelle. Cela veut aussi dire que tous ces sites vont être bloqués par les principaux fournisseurs d’accès du pays.

Cette liste ne date pas d’hier, bien entendu. En réalité, tout a commencé en 2012 lorsque les labels sont parvenus à bloquer The Pirate Bay sur le territoire. Ils sont ensuite parvenus à en faire autant avec Newzbin2.

Filtrage Royaume-Uni

Les FAI anglais bloquent des dizaines de sites pirates en plus depuis le mois dernier.

Inutile de le préciser mais ils n’en sont pas restés là. KickAssTorrents, H33T et Fenopy ont eu droit au même traitement quelques mois plus tard et ils ont été ensuite rejoints par Movie2K et EZTV.

Le Royaume-Uni, ce paradis du filtrage

Le plus incroyable, dans l’histoire, c’est que les ayant-droits ont le droit d’enrichir cette liste en ajoutant de nouveaux domaines et de nouvelles URLs sans avoir besoin d’en informer le public.

A la base, tout est effectivement parti d’une campagne de lobbying menée par plusieurs associations familiales. Elles ne visaient pas les sites pirates, mais plutôt les sites violents et pornographiques. L’idée, c’était évidemment de protéger les enfants de ces contenus en bloquant certains sites peu recommandables.

David Cameron a appuyé cette action et il a ensuite fait pression auprès des fournisseurs d’accès pour qu’ils mettent en place des mesures de filtrage. British Telecom, Sky, TalkTalk et Virgin ont tous obtempéré. Même chose pour certains opérateurs.

Personne n’a parlé de filtrage à l’époque, bien entendu, et cette “fonction” était plutôt présentée comme du contrôle parental. Le problème, c’est que de nombreux sites ont été bloqués par inadvertance dans la foulée, et même parfois des sites d’informations et des pages tenues par des partis politiques.

Les ayant-droits anglais ratissent large désormais

Le problème, c’est que les FAI n’ont pas publié de liste et personne ne connaît réellement l’ampleur du blocage. Enfin, ce n’est pas tout à fait exact car Blocked avait publié les résultats d’une étude l’été dernier. D’après les données récoltées à l’époque, un site sur cinq était au moins partiellement filtré par un FAI. Pas mal, non ?

Les ayant-droits se sont évidemment engouffrés dans la brèche pour bloquer les sites pirates les plus populaires et ils ont visiblement mis les bouchées doubles le mois dernier puisqu’ils ont ajouté 90 adresses à leur fameuse liste.

Dans le lot, on trouve notamment Demonoid.ws, 7torrents.info, seventorrents.org, seventorrents.pro, ez-torrents.com mais aussi des dizaines de clones et même quelques serveurs proxy.

Même chose pour TorrentDay, TorrentButler et plusieurs URLs en lien avec Popcorn Time. IsoHunt et ses clones font aussi partie du lot et ce ne sont que quelques exemples parmi beaucoup d’autres.

Ce que l’on remarque, c’est que les ayant-droits anglais ne se limitent plus aux adresses directes. Ils attaquent aussi les clones de tous ces sites. Il faut croire que leurs experts ont eu droit à une ou deux formations entre temps.

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