Le sang d’un homme est devenu blanc en raison de la graisse accumulée

Après avoir présenté des symptômes tels que des nausées, des vomissements, des maux de tête et une perte de vigilance, un homme s’est rendu à l’hôpital universitaire de Cologne, en Allemagne. Les médecins lui ont diagnostiqué le syndrome d’hyperviscosité. Cette pathologie est caractérisée par un sang anormalement épaissi à cause d’une teneur excessive en graisse.

Le sang du patient n’était plus rouge, mais blanc, comme du lait.

Un médecin en train d'effectuer des analyses médicales

Un médecin en train d’effectuer des analyses médicales (crédits Pixabay)

D’après les professionnels de la santé, il aurait pu tomber dans le coma, voire mourir, si une mesure appropriée n’a été prise à temps. Son cas était exceptionnellement grave, car il présentait une hypertriglycéridémie extrême. Afin d’extraire les molécules de triglycérides gras de son sang, les scientifiques ont d’abord recouru à la technique de plasmaphérèse.

Toutefois, ce procédé moderne n’a pas fonctionné. Ils se sont alors tournés vers une forme d’opération médicale qui remonte à l’époque de l’Égypte ancienne, il y a environ 3 000 ans.

La machine pour plasmaphérèse a été bouchée deux fois

La technique de plasmaphérèse consiste à extraire le plasma sanguin du corps et à éliminer l’excès de triglycérides ou d’autres éléments toxiques à travers une machine. Ensuite, le dispositif renvoie le sang propre et filtré au patient. Or, cette technique moderne s’est révélée inefficace avec le patient allemand de 39 ans. L’appareil a été bouché deux fois à cause du fait que le sang du patient était trop visqueux.

Les médecins de l’hôpital universitaire de Cologne ont alors recouru à la « saignée ». Cette technique, qui consiste à retirer intentionnellement un volume de sang donné du corps, n’a plus été utilisée depuis le début du 18e siècle. La communauté scientifique l’a discréditée, l’estimant comme une forme anachronique de pseudoscience qui apportait plus de mal que de bien.

Sa vie a été sauvée grâce à une technique datant de l’Égypte ancienne

Néanmoins, la saignée a permis de sauver la vie du patient. Le personnel du service de soins intensifs de l’hôpital allemand a extrait deux litres de son sang. Puis, ils ont remplacé cette quantité par un approvisionnement en concentrés de globules rouges, en plasma frais et en solution saline physiologique.

Après le cinquième jour de traitement, le patient ne présentait plus de symptômes neurologiques résiduels. Les niveaux de triglycérides de son sang ont baissé.

Notons que le diagnostic de l’hyperviscosité est posé lorsque le niveau de triglycérides dans le sang d’une personne est supérieur à 150 milligrammes par décilitre (mg/dL). Un niveau se situant entre 200 mg/dL et 500 mg/dL est déjà considéré comme étant « très élevé ». Pourtant, celui du patient allemand était 36 fois plus élevé que le taux « très élevé », soit environ 18 000 mg/dL.

D’après les médecins, son état extrêmement critique était le résultat de plusieurs facteurs, dont son obésité, son alimentation, sa résistance à l’insuline et à une éventuelle prédisposition génétique. Ce cycle infernal aurait été initialement déclenché par une acidocétose.

« Si la plasmaphérèse ne peut être pratiquée en raison d’une hyperviscosité extrême, notre expérience démontre que la saignée conventionnelle avec remplacement [des liquides] peut être une alternative efficace », ont écrit les chercheurs dans un document présentant le cas. « À notre connaissance, c’est le premier rapport qui décrit cette procédure. »

MAJ : Contrairement à ce qu’indique l’article, la saignée peut encore être pratiquée dans certains cas, notamment pour traiter l’hémochromatose, une maladie héréditaire se traduisant par une augmentation du taux de fer dans le sang. Merci à Jean-Baptiste pour l’info.

Mots-clés médecinesanté