Le selfie du macaque revient sur le devant de la scène

Le selfie pris par ce macaque indonésien fait toujours autant parler de lui. L’affaire a même fini entre les mains de la cour d’appel américaine et cette dernière a donné sa vision des choses mercredi dernier.

En 2011, David Slater, un photographe animalier britannique, s’est rendu sur l’île de Sulawesi en Indonésie afin de suivre un troupeau de singes. Durant la mission, sa route a croisé celle de Naruto, un macaque facétieux visiblement très au fait des us et coutumes de notre espèce. L’animal a en effet utilisé l’appareil du photographe pour prendre un magnifique selfie.

Selfie Singe

L’image a beaucoup tourné dans les semaines et les années suivantes.

Une histoire qui remonte à 2011

Deux ans plus tard, David Slater s’est manifesté pour faire retirer sa photo de Techdirt, Wikipédia et plusieurs autres sites.

La plupart ont refusé d’accéder à la demande du photographe. L’encyclopédie libre, notamment, a fait valoir que l’image appartenait à son véritable auteur et donc au macaque. L’office américain des droits d’auteur a fini par statuer en faveur de l’artiste, déclarant que les animaux n’avaient pas la possibilité de détenir une quelconque propriété intellectuelle.

La PETA (People for Ethical Treatment of Animals) est alors montée au créneau pour prendre la défense du singe et faire valoir ses droits. L’affaire est alors tombée entre les mains de l’honorable William H. Orrick et ce dernier a fini par statuer en faveur du photographe, estimant que le selfie d’un singe ne rentrait pas dans le cadre du Copyright Act.

L’association n’en est cependant pas restée là et elle a ainsi déposé un appel afin d’être reconnue comme l’unique gestionnaire de cette photo.

La cour d’appel a ouvert une nouvelle session de discussions un peu plus tôt dans la semaine. David Slater n’a pas pu faire le déplacement. D’après son avocat, il se trouverait en effet dans une situation financière compliquée et il aurait la plus grande difficulté à vivre de son métier.

La cour d’appel va devoir trancher

Un point confirmé par le principal intéressé à l’occasion d’une entrevue téléphonique organisée par le Guardian. Durant cet entretien, l’homme s’est dit épuisé par toute cette affaire.

Du côté du tribunal, la question de la propriété de ce selfie est toujours au centre d’un vif débat entre les juges de la cour. Parmi les points de discorde, les magistrats se demandent si la PETA avait une relation suffisamment proche du singe pour pouvoir revendiquer ses droits d’auteur.

Le juge Randy Smith va encore plus loin. Selon lui, un animal n’a pas la possibilité d’acquérir ou de détenir de l’argent et il n’a pas non plus à se soucier de sa réputation. Il estime donc que le droit d’auteur ne s’applique par à un singe, d’autant qu’il sera techniquement impossible de transmettre les droits de Naruto à ses descendants lorsqu’il viendra à mourir. Pas sans les considérer comme des enfants tels que le terme est défini dans la loi.

Pour ne rien arranger, David Slater a déclaré que la PETA n’avait pas identifié le bon singe. Selon lui, le macaque à l’origine de cette photo n’était pas un mâle, mais une femelle.

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