Le solex de retour… en version électrique

Le Solex, c’est une marque de vélo motorisé mythique qui a sorti son tout premier modèle en 1946. Aujourd’hui, l’on sait que la toute dernière version de la marque est maintenant disponible dans plusieurs magasins de cycles. Ce nouveau modèle se nomme le « Solex Intemporel », et il s’agit d’un vélo à assistance électrique ou VAE, produit par la PME française Easybike.  La particularité de ce modèle, c’est le fait que son design se rapproche de celui du premier modèle de 1946. On a par exemple le cadre en col-de-cygne, ou encore le panier cylindrique sous le guidon qui a la même forme et le même volume que le moteur thermique utilisé jadis pour assister le cycliste.

Selon Grégory Trebaol, le PDG et fondateur d’Easybike, l’entreprise a travaillé avec des collectionneurs afin qu’ils soient des ambassadeurs. La compagnie a prévu de vendre deux versions du vélo, l’une à 1 521 euros, avec un moteur Bafang installé sur la roue arrière, et l’autre à 2 599 euros, avec un moteur Bosch au niveau du pédalier.

L'illustration d'un vélo
Image par Trang Le de Pixabay

On attend ainsi de bons résultats pour ces nouvelles versions du Solex puisque le marché des vélos électriques est aujourd’hui en pleine croissance. Depuis l’an dernier, les consommateurs français ont commencé à consacrer environ 2 000 euros en moyenne pour l’acquisition d’un vélo électrique. Mais même si l’avenir s’annonce prometteur, le chemin parcouru par Easybike pour en arriver à ce stade n’a pas du tout été facile.

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Les premiers problèmes

L’histoire entre Grégory Trebaol et le Solex a commencé en 2013 quand l’entrepreneur a décidé de racheter la marque mythique et de rapatrier en France l’assemblage d’une partie des modèles fonctionnant à l’électricité. A cette époque, la concurrence asiatique était très dure en ce qui concerne la fabrication de vélos. Les quelques marques françaises toujours à flot devaient d’ailleurs produire en Chine

Après avoir travaillé avec la chaine de magasins américaine Build-a-bear, puis dans le domaine des fruits de mer, Trebaol s’est tourné vers les vélos électriques. Il a été séduit par ce secteur après un séjour de six mois en Chine au cours de l’année 2005. Selon lui, pour la France, il s’agissait d’un tout nouveau marché. Il décide alors d’ouvrir une boutique à Paris et lance sa première marque qui est Easybike.

La stratégie choisie par Trebaol a été de convertir à l’électrique des marques déjà bien connues du public. Il a ainsi opté pour Solex et Matra. Son usine a été installée à Saint-Lô en Normandie, et il a commencé avec 15 employés, tous des locaux. A cette époque, Easybike assurait également la conception et l’assemblage des B’Twin électriques de la compagnie Decathlon, et avait ainsi une source régulière de revenus.

Les premiers obstacles se sont présentés avec les problèmes d’approvisionnement en pièces détachées. Ces dernières sont majoritairement produites en Asie, et il faut en moyenne six mois entre chaque commande et l’arrivée de la marchandise. Mais c’est en 2016 que le coup le plus dur a été porté à la PME avec la fin du contrat avec Decathlon. Trebaol, qui s’est endetté pour racheter Solex et Matra, devait gérer des remboursements élevés et manquait d’argent pour s’approvisionner en pièces détachées. On peut dire que la situation de l’entreprise n’était pas très bonne.

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Le redressement après un coup dur

En 2019, la PME a été placée en redressement judiciaire. Alors que la procédure, qui durera 2 ans, était en cours, un investisseur du nom de Nicolas Oltramare a décidé de fournir 4 millions d’euros, mais sans succès face à l’administration judiciaire. Heureusement, l’avocat d’Easybike a eu l’idée d’engager comme conseiller Bernard Houplain, un autre administrateur judiciaire.

Houplain a réussi à convaincre de la possibilité d’Easybike à redémarrer. Du côté de l’usine de Saint-Lô, des mesures ont été prises comme le recrutement d’un ancien ingénieur de Matra pour rationaliser la production, ou encore la renégociation des contrats de sous-traitance et de bail. Finalement, il n’y a eu aucun licenciement malgré cette crise, et le chiffre d’affaires a progressé en passant de 10 millions d’euros en 2019 à 24 millions en 2021.

De son côté, Trebaol a trouvé un soutien financier aux Etats-Unis avec le fonds Remington qui lui accorde une ligne de crédit de 50 millions d’euros sur 13 mois. Le 18 juin 2021, on a mis fin au redressement judiciaire après une nouvelle recapitalisation de 7,5 millions d’euros de Nicolas Oltramare.

Aujourd’hui, Easybike est sur la bonne voie, et en ce qui concerne Solex, la compagnie prévoit une nouvelle ligne vers la fin de 2022, une ligne qui va s’adresser d’avantage aux jeunes et qui s’appellera « Origine ». En plus, comme l’a déclaré Trebaol, ils penseraient aussi à produire des vélos à hydrogène dans le futur.