Le tigre de Tasmanie était apparemment moins corpulent que prévu

Le thylacine (Thylacinus cynocephalus), également connu sous le nom de tigre de Tasmanie est un grand marsupial carnivore éteint depuis les années 1930. Cette espèce constitue une véritable énigme pour les scientifiques, car on n’a aucune donnée valable concernant leur comportement et leur biologie.

Justement, son poids, couramment estimé en moyenne à 29,5 kg fait l’objet de débats depuis le temps. En effet, on trouve seulement quatre valeurs fiables concernant sa masse corporelle, dans toute la littérature disponible, en l’occurrence 26,1 kg pour un gros mâle adulte, 15 kg et 14,97 kg pour deux autres mâles et 13,2 kg pour une femelle.

La tête d'un prédateur carnivore

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Face à cela, une équipe de scientifiques a décidé de mener une nouvelle étude afin de déterminer la taille réelle du tigre de Tasmanie. Cela permettra en fait d’y voir un peu plus clair concernant le mode de vie de cette créature, notamment comment elle chassait ainsi que la taille des proies auxquelles elle s’attaquait.

Une masse moyenne revue 3 kg à la baisse

Afin de déterminer le poids de 93 thylacines adultes, représentant 40 spécimens de sexe connu, le Dr Alistair. Evans, chercheur à l’École des sciences biologiques de l’Université Monash, et ses collègues ont combiné des techniques de mesure traditionnelle, de numérisation 3D avancée et de méthodes volumétriques.

L’étude a révélé de fortes différences dans la taille moyenne des thylacines mâles et femelles, avec une moyenne de 19,7 kg pour les mâles et une moyenne de 13,7 kg pour les femelles.

Ils sont arrivés à la conclusion que la masse corporelle, précédemment estimée à 21 kg, était apparemment exagérée. En moyenne, le tigre de Tasmanie ne devait peser qu’environ 16,7 kg pour les deux sexes confondus, une valeur très inférieure à celle estimée auparavant, qui aurait d’ailleurs permis à ces prédateurs de capturer de grandes proies.

Les thylacines finalement adeptes des petites proies

Selon le docteur Douglass Rovinsky, étudiant au Département d’anatomie et de biologie du développement à l’Université Monash, la taille d’un prédateur influe beaucoup sur ce qu’il peut manger, et de ce fait, sur ses habitudes de chasse.

Ainsi, en se basant sur ces nouvelles estimations de la masse corporelle des thylacines, ces derniers seraient en fait des prédateurs spécialistes de petites proies. Cela remet donc en question les opinions antérieures concernant ces créatures, que l’on pensait être d’impressionnants et dangereux prédateurs.

Les résultats de cette étude ont été publiés dans les Actes de la Royal Society B.

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