L’efficacité de l’application « Alerte Attentat » remise en cause

SAIP (Système d’Alerte et d’Information des populations) « Alerte Attentat », l’application créée par conjointement par la DGSCGC (Direction Générale de la Sécurité Civile et de la Gestion de Crise) et le Service d’Information du Gouvernement (SIG) a révélé de sérieuses lacunes, hier, lors de l’attentat niçois ayant coûté pour l’heure la vie à 84 personnes.

Lancée peu avant l’Euro de Football, l’application a pour but d’informer la population en cas d’attentat, en utilisant notamment la géolocalisation et les notifications pour donner la marche à suivre aux utilisateurs. Malheureusement, SAIP n’a pas été à la hauteur hier soir, en informant de l’attaque sur la Promenade des Anglais deux heures après les événements.

SAIP Alerte Attentats

L’application SAIP, « Alerte Attentat » n’a pas été à la hauteur hier soir durant l’attentat de Nice

Gros problème de timing donc pour l’application du gouvernement qui était pourtant censée informer en temps réel la population sur les événements et la marche à suivre dans cette situation de grande urgence.

Alors qu’elle aurait dû se déclencher dans les quinze premières minutes de l’attentat, elle s’est en réalité activée à 1h34 du matin, soit près de deux heures après le début de l’attaque.

La Twittosphère est furieuse

Inutile de dire que sur Twitter la colère gronde, et les tweets fusent en direction du #SAIP qui a clairement fait long feu alors que son aide aurait été plus que bienvenue.

Mais quelle est la raison de cette importante latence ? Le système de fonctionnement de l’application semble être en cause. En effet pour que le SAIP s’active il revient semble-t-il au préfet du département concerné par une attaque terroriste de déclencher l’alerte ou pas. Impossible pour le moment de savoir si le préfet des Alpes-Maritimes n’a pas jugé bon de lancer le protocole permettant l’activation du SAIP, ou si dans l’urgence l’application aurait tout simplement été reléguée au second plan.

Autre piste, le dysfonctionnement pur et simple de « Alerte Attentat » ce qui serait pour le moins problématique. Deveryware, prestataire ayant développé le SAIP, a tout de même été convoqué à 15h au Ministère de l’intérieur Place-Beauvau, pour s’expliquer sur la situation.

Précisons que comme pour les attentats de Paris en Novembre dernier, les réseaux sociaux ont pour leur part été d’une réactivité exemplaire. On pensera aussi à la fonction « Safety Check » de Facebook qui s’est de nouveau révélée efficace bien qu’elle aussi lancée deux heures après l’attaque.

https://twitter.com/DimitriArcanger/status/753713256229896192