Législature de New York : contre la reconnaissance faciale dans les écoles 

Dans l’État de New York, aux États-Unis, à l’approche de la rentrée des classes, certains établissements scolaires du nord de l’État ont misé sur l’usage de la reconnaissance faciale et de l’identification biométrique pour lutter contre la propagation du Coronavirus. En total désaccord avec cette décision, l’État de New York vient de voter une loi qui interdit l’utilisation dans les écoles d’une telle technologie pour les deux années à venir.

La loi qui a été votée par la législature de l’État répond, en effet, à certaines préoccupations concernant la vie privée des écoliers et du personnel. Comme le témoigne Stefanie Cole, directrice adjointe du NYCLU Education Policy Center, « Nous disons depuis des années que la reconnaissance faciale et les autres technologies de surveillance biométrique n’ont pas leur place dans les écoles, et c’est [la loi] un pas en avant monumental pour protéger les élèves de ce type de surveillance invasive ».

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Si Andrew Cuomo, gouverneur de New York, valide cette loi, alors l’usage de la technologie de reconnaissance faciale dans les écoles sera prohibé dans tout l’État jusqu’au 1er juillet 2022.

Vers plus d’intrusion dans les écoles

Pour rappel, le moratoire a été approuvé le mercredi 22 juillet 2020 par l’Assemblée et le Sénat de New York. Cette décision a été prise à la suite de l’adoption de la technologie de reconnaissance faciale par un district du nord de l’État dans le cadre de ses plans de sécurité. Une action en justice a alors été lancée, en juin 2020, par la New York Civil Liberties Union (NYCLU) à l’initiative des parents d’élèves.

Plus récemment, la semaine du 20 juillet dernier, un district scolaire de Topeka, au Kansas, a annoncé l’utilisation de la reconnaissance faciale dans un kiosque de contrôle de température dans le cadre de son plan de réouverture des écoles.

On observe donc un certain acharnement, depuis ces derniers mois, pour la mise en œuvre de la technologie dans les écoles remarque Caitlin Seeley George, directrice de la campagne Fight for the Future. « Les entreprises de reconnaissance faciale utiliseront tous les angles possibles pour commercialiser leur produit auprès des écoles — mais celui-ci est tout simplement ridicule », rajoute George.

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Inefficace contre le coronavirus

Bien que le moratoire de New York soit considéré comme une victoire majeure pour les défenseurs de la liberté civile, il semblerait que la technologie soit également incapable d’atteindre ses objectifs. En effet, la reconnaissance faciale ne peut pas détecter les cas asymptomatiques qui constituent l’une des caractéristiques les plus difficiles du Covid-19.

La technologie est, en effet, très controversée et plusieurs études ont démontré des taux élevés de faux positifs lors de la détection des individus infectés par le virus.

Par ailleurs, l’usage de la reconnaissance faciale induit des préjugés raciaux inhérents aux systèmes eux-mêmes. Le New York City-based Surveillance Oversight Project a d’ailleurs déclaré que la technologie était plus sujette aux erreurs pour les étudiants de couleur ce qui « aggrave les préjugés humains auxquels ils sont confrontés chaque jour ».

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