L’EmDrive fonctionne vraiment d’après la NASA

L’EmDrive déchaîne les passions depuis plusieurs années maintenant. Il divise effectivement la communauté scientifique. La technologie imaginée par Roger Shawyer à la fin des années 90 compte en effet de nombreux détracteurs à travers le monde. Ces derniers risquent de devoir ravaler leur fierté, car les derniers tests menés par la NASA se sont révélés concluants et ils ont même été validés par l’équipe de Harold White.

Ce moteur électromagnétique a été évoqué pour la toute première fois en 1999 par un ingénieur aéronautique britannique, un certain Roger Shawyer.

EmDrive

Voilà à quoi ressemble un EmDrive.

Toutefois, peu de personnes ont pris la technologie au sérieux à l’époque et cela n’a rien de surprenant, car elle défie la troisième loi de Newton.

L’EmDrive, une technologie très controversée

Pour résumer le concept en quelques mots, cette fameuse loi stipule que les actions d’un corps sur l’autre sont systématiquement égales et en sens contraire. En d’autres termes, pour faire avancer un vaisseau spatial dans l’espace, il faut obligatoirement qu’il exerce une poussée dans l’autre sens.

L’EmDrive contrevient totalement à cette règle et c’est précisément pour cette raison que la technologie a été autant décriée par la communauté scientifique.

Dans les faits, ce moteur se présenterait sous la forme d’un cône privé de sa pointe dans lequel des micro-ondes seraient projetées, des micro-ondes qui rebondiraient donc contre ses parois. Jusque là, rien de très transcendant, mais le meilleur reste à venir. Ces fameuses micro-ondes seraient en effet capables d’exercer une force plus importante à la base du cône et elles pourraient donc générer une propulsion sans utiliser de carburant.

Certains scientifiques ont pris les travaux de Roger Shawyer très au sérieux et plusieurs expérimentations ont été menées, notamment en Chine.

Face à la situation, la NASA a demandé à l’équipe Eagleworks de mener sa propre enquête. L’équipe dirigée par Harold White a donc construit un prototype en 2014 et elle a commencé à effectuer des tests… qui se sont très vite révélés positifs. L’agence spatiale américaine avait d’ailleurs fait une annonce allant dans ce sens à l’époque, mais personne n’avait vérifié ses résultats jusque là et il a donc fallu attendre pas loin de deux ans pour qu’elle corrige le tir.

La NASA semble croire en l’EmDrive

Comme Harold White l’expose dans l’article publié sur ARC, la technologie EmDrive est effectivement capable de générer une propulsion sans pour autant avoir besoin de carburant. Mieux, le prototype construit par Eagleworks offrirait une puissance équivalente à celle des moteurs ioniques utilisés sur la sonde Dawn et à celle des voiles solaires.

Alors bien sûr, ce prototype est assez sommaire et il ne délivre pas beaucoup de puissance, mais les ingénieurs en charge de sa construction cherchaient surtout à valider le concept. Maintenant que c’est chose faite, ils vont pouvoir travailler sur un moteur offrant un meilleur rendement.

L’article de White et de son équipe ne fait cependant pas l’unanimité dans la communauté scientifique. Ethan Siegel, un astrophysicien travaillant pour l’établissement Lewis & Clark College, se montre pour sa part assez sceptique et il estime ainsi que les preuves avancées dans l’article ne sont pas assez solides.

La bonne nouvelle, c’est que la NASA n’est pas la seule à s’intéresser à l’EmDrive. Guido Getta a développé un moteur exploitant cette technologie lui aussi et il envisage d’effectuer un premier test avec un nanosatellite dès l’année prochaine.

Pour le moment, il est donc un peu trop tôt pour mettre nos bonnes vieilles fusées (et leurs réservoirs de carburant) au placard, mais si cette technologie s’avère viable, alors elle pourrait tout changer. D’après les calculs effectués par les chercheurs, l’EmDrive nous permettrait en effet d’atteindre la Lune en quatre heures et Mars en six ou sept semaines.

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