L’EmDrive peut-il réellement être l’avenir des voyages spatiaux ?

Depuis plusieurs années, l’EmDrive déchaîne les passions au cœur de la communauté scientifique. Ce moteur pourrait, selon certains, révolutionner le domaine de la physique et représenterait l’avenir des voyages spatiaux. Pour le moment, cela reste à vérifier. Ce moteur spatial est le fruit du travail du physicien britannique Roger Shawyer. Ce dernier a commencé à travailler sur l’EmDrive en 1999.

D’après lui, son invention serait capable de produire une poussée sans éjecter de matière. Un tel système résoudrait l’un des problèmes majeurs des voyages spatiaux : celui du carburant. L’EmDrive permettrait aux agences spatiales de se passer de carburant et de réduire le temps de trajet des voyages spatiaux. On estime qu’un voyage sur Mars prendrait environ 6 mois. Avec le moteur spatial de Roger Shawyer, il serait possible de faire le trajet en 70 jours.

Le lancement d'une fusée

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Cette perspective est plus qu’attrayante. Toutefois, les experts s’interrogent sur la faisabilité d’un tel projet. Le fonctionnement de l’EmDrive va en effet à l’encontre des lois fondamentales de la physique newtonienne.

Une poussée générée par les micro-ondes ?

L’EmDrive est un système qui est composé d’une chambre conique en cuivre et qui serait capable de se passer entièrement d’un réservoir à carburant. Son fonctionnement se base sur l’utilisation des magnétrons et des micro-ondes.

De l’électricité est convertie en micro-ondes qui sont envoyés dans une boîte conique fermée. L’intérieur de cette structure est équipé de deux plaques circulaires de tailles différentes situées l’une en face de l’autre. Une fois à l’intérieur, les micro-ondes vont commencer à rebondir dans tous les sens sur les parois de la cavité d’enceinte. Étant donné que la structure de l’EmDrive est asymétrique, les forces générées par le mouvement des micro-ondes ne sont pas les mêmes.

La force produite à la base du cône sera plus importante. Selon Roger Shawyer, c’est cette force qui permet à l’EmDrive de produire une poussée vers l’avant. À en croire les estimations de certains chercheurs, ce propulseur magnétique permettrait à un vaisseau spatial d’atteindre une vitesse de 724 millions de km/h.

Isaac Newton se retournerait dans sa tombe

L’utilisation de l’EmDrive résoudrait tous les problèmes liés aux voyages spatiaux. Néanmoins, le principe sur lequel se base le fonctionnement de ce moteur divise les scientifiques. En effet, le concept élaboré par Roger Shawyer défie les lois de la physique.

Le fondement de l’EmDrive va à l’encontre de la 3e loi de Newton qui correspond au principe d’action/réaction. Pour rappel, cette loi stipule que les actions de deux corps l’un sur l’autre sont toujours égales et opposées. La loi de Newton nous aide par exemple à comprendre pourquoi les fusées sont propulsées vers le haut lorsqu’elles éjectent des gaz vers le bas.

Cette loi est incontestable et a été prouvée à de nombreuses reprises au fil des ans. Avec son projet, Roger Shawyer remet en question les travaux d’Isaac Newton. Pour certains, le concept développé par le physicien britannique est complètement absurde. Pour d’autres, ce projet ne serait pas complètement fou.

La NASA s’aventure à tester l’hypothèse de Roger Shawyer

Malgré le caractère incroyable que revêt ce projet, certains scientifiques ont voulu vérifier par eux-mêmes si Roger Shawyer avait trouvé une piste viable qui pourrait permettre de révolutionner les voyages spatiaux.

En 2017, l’Académie Chinoise de Technologie Spatiale (CAST) a construit un moteur EmDrive. À l’issue de plusieurs tests très poussés, ils sont arrivés à la conclusion que ce système était bel et bien fonctionnel. Chen Yue, l’homme à la tête du CAST, avait alors déclaré que ce premier prototype avait été envoyé sur la station spatiale Tiangong-2 pour subir d’autres tests.

En 2014, la NASA s’est également intéressée au concept de Roger Shawyer.  Un premier prototype construit par sa division de recherche a permis de confirmer l’hypothèse du chercheur britannique.

Plus tard, l’agence spatiale américaine a publié des travaux qui ont été menés sur ce fameux moteur. Ils révèlent notamment qu’une petite poussée de l’ordre de 128 µN a été enregistrée au niveau du système de l’EmDrive. D’autre part, une équipe allemande a mené des expériences sur l’EmDrive. Ces derniers ont également observé une infime poussée.

Malgré ces nombreuses expériences, l’EmDrive n’a pas encore été validé par la communauté scientifique. Ce moteur spatial risque de faire parler de lui pendant encore un bon bout de temps.

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