L’énigme du monstre de Tully, l’un des fossiles les plus mystérieux

En 1955, un collectionneur de fossiles du nom de Francis Tully a découvert les restes d’une étrange créature dans la zone de Mazon Creek dans l’Illinois, aux États-Unis. Les paléontologues pensent que le spécimen date de 307 millions d’années. Les scientifiques l’ont baptisé « Tullimonstrum ».

L’étrange animal est aussi connu sous le nom de « monstre de Tully ». Il a été décrit scientifiquement en 1966. Pourtant, jusqu’à aujourd’hui, il n’a pas pu être identifié.

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Cette espèce mesurait entre 8 et 35 centimètres. Son corps ressemble à celui d’une limace. Pourtant, à la place d’une bouche, elle dispose d’un long membre coudé dont l’extrémité est dotée d’une pince dentée. Sa queue a l’apparence d’une pelle. Par ailleurs, elle a deux yeux saillants, écartés du corps et placés sur deux tiges rigides.

Les résultats de deux études scientifiques distinctes tendent à démontrer que Tully est un vertébré. Toutefois, une recherche plus récente a montré que les conclusions des précédentes études étaient faussées. Ce qui rend encore l’animal plus mystérieux que jamais.

Une sorte de colonne vertébrale primitive ?

Dans une étude, dont les résultats ont été publiés en 2016, des chercheurs ont conclu que Tully était plus probablement un animal vertébré. Ils ont noté que la créature disposait d’une notocorde, une sorte de colonne vertébrale primitive commune aux Chordés.

Les scientifiques ont également constaté des structures d’organes internes et des dents étaient semblables à celles d’une lamproie.

Il y a quelques mois, une autre équipe a utilisé la technique d’analyse par microscopie électronique pour étudier le spécimen. Les scientifiques ont remarqué la présence de structures connues sous le nom de « mélanosomes » dans les yeux du Monstre de Tully. Il s’agit de tissus qui produisent et stockent de la mélanine, présents chez la plupart des vertébrés.

Étudier un fossile par un accélérateur de particules

Une autre étude plus récente, réalisée par des chercheurs de l’université de Pennsylvanie, infirme les conclusions des deux précédentes recherches. Ils ont utilisé un accélérateur de particules de l’Université Stanford en Californie appelé « source de rayonnement synchrotron ».

Cette méthode leur a permis de comparer les compositions chimiques de fossiles avec des espèces modernes.

Les chercheurs ont noté que de l’étude de 2016 était fondée sur une mauvaise compréhension de la préservation des fossiles dans Mazon Creek. Ils ont précisé qu’il y a peu de chances que des structures internes aient pu se fossiliser dans ce milieu marin.

En outre, ils ont constaté que d’autres animaux invertébrés d’aujourd’hui, comme les arthropodes et les céphalopodes, disposent également de mélanosomes dans leurs yeux. De plus, leurs dispositions dans les yeux du monstre de Tully se rapprocheraient plus des invertébrés d’aujourd’hui que des vertébrés.

Ainsi, la nouvelle étude réfute les éléments apportés par les deux études. Toutefois, elle n’apporte aucune preuve qui démontre que la créature était invertébrée. Les résultats ont été publiés dans la revue Palaeontology.

Mots-clés paléontologie