Les Amérindiens ne fumaient pas que du tabac, il y avait aussi du sumac dans leurs pipes

Pour les tribus amérindiennes, le tabac (et le tabagisme avec le fameux calumet) occupait une place particulièrement importante. C’était vraiment « d’ordre spirituel et religieux », comme le souligne Korey Brownstein, chercheur du Washington State University (WSU).

Récemment, les résultats de travaux menés par des chercheurs de la WSU ont permis de savoir que le tabac n’était pas la seule plante que les Indiens d’Amérique fumaient. Ils ont en effet identifié des traces de Nicotiana quadrivalvis, une espèce de tabac, mais surtout de Rhus glabra (communément appelé sumac), dans une pipe vieille de plus de 1 400 ans, déterrée à Washington.

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Cette découverte est une première. Auparavant, on n’a en effet jamais retrouvé de résidus de végétaux autres que le tabac sur ce genre d’artefact.

Du nouveau sur les habitudes de fumette des Indiens d’Amérique

Grâce à une technique innovante appelée analyse métabolomique, différents résidus ont été récoltés, puis analysés via une technique mêlant spectrométrie de masse et chromatographie liquide. Ce qui a permis de reconnaître les plantes qui ont été fumées.

Cette découverte a ainsi confirmé que les Indiens d’Amérique établis dans le nord-ouest fumaient un mélange de plantes bien spécifiques.

Apparemment, le sumac faisait partie de cette liste. Brownstein avance que cette plante devait sûrement accroître l’arôme et la saveur de la fumée, mais surtout pour ses qualités médicinales. On l’utilise notamment pour ses vertus antiulcéreuses gastriques et digestives.

Une nouvelle technique à la disposition des archéo-chimistes

Outre le fait de savoir, pour la première fois, que les Indiens d’Amérique ajoutaient du sumac dans leurs pipes, cette technique particulière a également permis de mieux connaître l’évolution du commerce de tabac dans le nord-ouest de l’Amérique, à cette époque.

En effet, en analysant les résidus contenus dans une autre pipe, les chercheurs y ont découvert du Nicotiana rustica, une autre espèce de tabac qui était auparavant cultivé par les autochtones, dans la partie est de ce qui est maintenant les États-Unis.

Cela montre que les différentes communautés indiennes d’Amérique étaient en contact et échangeaient du tabac, selon Shannon Tushingham, professeur adjoint d’anthropologie au WSU.

Cette méthode donne ainsi de toutes nouvelles perspectives pour l’archéo-chimie. Les données précises concernant la consommation de drogues et de diverses plantes pourront en effet aider les chercheurs à mieux connaître non seulement les Indiens d’Amérique, mais également toutes les anciennes populations du monde.