Les aurores boréales évoquées dans d’anciennes tablettes assyriennes

Parfois, il arrive que le soleil entre en éruption. Il s’agit d’un événement régulier et naturel qui caractérise l’activité solaire. Lorsqu’il se produit, des jets de vent solaire, transportant des particules hautement véloces et énergétiques, peuvent entrer en collision avec le champ magnétique terrestre.

Cette interaction provoque des tempêtes géomagnétiques qui se manifestent par les voiles colorées que l’on appelle « aurores boréales ».

Une aurore boréale

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Après avoir analysé 389 documents écrits en cunéiformes de la collection du British Museum, une équipe de l’Université de Tsukuba, au Japon, a découvert trois anciennes tablettes qui font mention d’aurores boréales. Les écritures que comportent les trois pierres rectangulaires ont été gravées par des astrologues de Babylone et d’Assyrie, entre 679 et 655 av. J.-C.

Selon l’équipe japonaise, il s’agit de la plus ancienne mention d’aurores boréales connue jusqu’à aujourd’hui. Les détails sur l’étude ont été publiés le 7 octobre dans The Astrophysical Journal Letters.

Un ciel rouge inhabituel

Jusque là, la plus ancienne mention d’un tel phénomène était dans une tablette babylonienne qui date de 567 av. J.-C., soit environ un siècle après celles d’Assyrie. Selon l’équipe, les tablettes assyriennes « nous permettent de retracer l’histoire de l’activité solaire un siècle plus tôt que les premiers rapports auroraux datables existants ».

Les récits des astronomes babyloniens et assyriens, qui sont vieux de 2700 ans, comportent des mots-clés comme « un ciel rouge inhabituel » ou « un nuage rougeoyant ». Ainsi, les descriptions semblent correspondre avec l’apparition des aurores dans un ciel nocturne.

« Ces descriptions elles-mêmes sont tout à fait cohérentes avec les premières descriptions modernes de l’exposition aurorale », a déclaré Hisashi Hayakawa, auteur principal de l’étude, astrophysicien à l’Université d’Osaka, au Japon, et chercheur invité au Rutherford Appleton Laboratory, au Royaume-Uni.

Une autre preuve de la tempête solaire massive ?

Par ailleurs, cette découverte semble confirmer les résultats d’une étude réalisée plus tôt dans l’année par une autre équipe de scientifiques. La recherche a révélé qu’une tempête solaire massive a balayé la Terre il y a environ 2 600 ans. Ce vent aurait été environ dix fois plus intense que toute autre tempête de l’histoire moderne.

Pour arriver à cette conclusion, l’équipe a analysé des fragments de glace du Groenland. Des atomes radioactifs provenant de l’intense bombardement géomagnétique y ont été piégés.

Ainsi, il serait fort probable que les récits des trois tablettes font référence à cet événement.

De plus, il y a des milliers d’années, le nord magnétique était environ 10 degrés plus proche du Moyen-Orient par rapport à aujourd’hui. « Lorsqu’il y a des orages magnétiques importants, il n’est pas extrêmement surprenant de voir des aurores boréales au Moyen-Orient, même au début de la période moderne », a souligné l’expert.

Mots-clés anthropologie