Les bactéries devraient bien être en mesure de survivre au voyage Terre-Mars

Selon la théorie de la panspermie, la vie ne serait pas née sur la planète bleue, mais plutôt issue d’une source venue d’ailleurs. Les résultats d’une nouvelle étude soutiennent cette hypothèse. Il semblerait, effectivement, que des bactéries particulièrement résistantes pourraient subsister dans les conditions les plus rudes. Les mêmes chercheurs qui sont à l’origine de la recherche ont déjà effectué des travaux sur le sujet auparavant.

L’étude est basée sur des microbes ayant été exposés à l’environnement cosmique dans le cadre de la mission Tanpopo.

Crédits Pixabay

Étonnamment, ils ont vécu pendant trois ans en dépit de la microgravité et des rayons ultraviolets. Il y aurait néanmoins des critères devant être remplis pour qu’une telle aventure, qui est l’équivalent d’un voyage Terre-Mars, soit envisageable.

Les détails de la recherche ont été présentés dans le journal Frontiers in Microbiology, pas plus tard que le 26 août.

Des études appuyant la théorie de la panspermie

Dans l’intention d’évaluer la faisabilité de la panspermie, les scientifiques ont mis des organismes extrêmophiles à l’épreuve il y a quelques années. C’est le cas du Bacillus subtilis qui a la particularité de rester en dormance pendant des années.

Cette expérience a donné naissance à la théorie de la massapanspermie, selon laquelle les bactéries forment une arche entre elles pour pouvoir se déplacer d’une planète à une autre. Les cellules de ce type pourraient ainsi conduire de nouvelles formes de vie jusqu’à la Terre avec l’aide des astres et des corps célestes, notamment les astéroïdes, les météorites ou encore les comètes.

Les chercheurs ont profité de la mission Tanpopo, une expédition qui se focalise sur le transfert interplanétaire de la vie, pour effectuer d’autres essais. Les expérimentations ont été menées au sein de la Station spatiale internationale.

À lire aussi : Quand Mars faisait face à des tempêtes de pluie intenses

Une capacité de survie de 2 à 8 ans dans des conditions extrêmes

Les bactéries du nom de Deinococcus radiodurans sont au cœur de la nouvelle étude. Elles se sont retrouvées hors de l’ISS pendant 3 ans. À l’issue du voyage, une partie de l’ensemble de cellules de plus de 0,5 mm de diamètre a survécu. Les bactéries les plus exposées n’ont pas eu cette chance, mais ont servi de bouclier à celles qui se trouvaient derrière.

Selon les scientifiques, un amas de D. radiodurans d’un millimètre de diamètre pourrait continuer à vivre jusqu’à 8 ans. Le coauteur de cette étude, Akihiko Yamagishi, professeur à Tokyo University of Pharmacy and Life Sciences, a noté que l’agrégat en question pourrait être de la partie pour un voyage en aller-retour vers Mars, étant donnée de la durée du trajet.

« Les résultats suggèrent que les Deinococcus radiodurans pourraient survivre pendant le voyage de la Terre vers Mars et vice-versa, qui dure plusieurs mois ou années sur l’orbite la plus courte », a-t-il déclaré.

À lire aussi : L’atmosphère de Mars vibre trois fois par nuit et on ne sait pas pourquoi

Mots-clés marsterre