Les calmars sont capables de modifier leur ARN

En 2015, une équipe du Laboratoire de biologie marine (MBL) a découvert que les calmars sont capables de modifier leur ARNm (ARN messager) à des ordres de grandeur plus importants que chez l’homme. L’édition se fait l’intérieur du noyau. Toutefois, plus récemment, une équipe de la Woods Hole du MBL a constaté que ces créatures marines peuvent aussi éditer leur ARNm au niveau des neurones, dans une partie de la cellule appelée « axone » et en dehors du noyau.

Jusqu’ici, l’aptitude à éditer le gène en dehors du noyau n’a été documentée que chez les calmars.

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Pour l’heure, les scientifiques ne connaissent pas encore la raison exacte pour laquelle ces créatures ont besoin de le faire. Ils estiment, toutefois, que c’est ce qui les rend beaucoup plus intelligents que les autres invertébrés.

Notons que chez l’homme et la plupart des animaux, les gènes restent inchangés jusqu’à ce qu’ils soient recombinés et transmis à la génération suivante. Les résultats de la recherche ont été publiés dans Nucleic Acids Research.

Une façon vraiment nouvelle de vivre la vie

Pour la recherche, les scientifiques ont prélevé des neurones d’un calmar côtier mâle adulte (Doryteuthis pealeii). Ils ont essentiellement étudié l’expression de la protéine et le transcriptome (comme le génome, mais pour l’ARN) de l’animal.

« Nous montrons que le calmar peut modifier les ARN à la périphérie de la cellule », a expliqué Joshua Rosenthal, généticien à Woods Hole du MBL. « Il fonctionne par cette modification massive de son système nerveux, ce qui est une façon vraiment nouvelle de vivre la vie », a-t-il ajouté.

Des applications en médecine ?

« L’idée que l’information génétique puisse être éditée de manière différenciée au sein d’une cellule est nouvelle et étend nos idées sur la manière dont un seul schéma d’information génétique peut donner lieu à une complexité spatiale », ont écrit les chercheurs.

Selon leur hypothèse, ce processus pourrait aider l’animal à optimiser la fonction des protéines sur son organisme. Il lui permettrait de s’adapter et de mieux répondre aux demandes physiologiques spécifiques des différentes régions cellulaires.

En outre, ils estiment que, en allant plus loin dans la recherche et en adoptant une approche biomimétiste, ils pourraient faire de ce système un remède à certains troubles neurologiques, tels que le dysfonctionnement des axones.

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