Les cas de myélite flasque aiguë en recrudescence aux Etats-Unis

La myélite flasque aiguë (MFA) est une pathologie d’origine virale qui touche essentiellement l’enfant. La maladie est rare, mais grave. Elle affecte le système nerveux, ce qui a pour conséquence l’affaiblissement des muscles et des réflexes moteurs. Le nombre d’enfants paralysés par la MFA augmente quasiment tous les deux ans aux États-Unis.

Le Centre de contrôle et de prévention des maladies suit de près 172 cas suspects.

L’investigation des autorités sanitaires américaines a parmi jusqu’à présent de confirmer que 62 personnes souffrent de la myélite aiguë. Les patients habitent dans 22 États différents, dont le Minnesota, la Pennsylvanie ou l’Illinois, précise le docteur Nancy Messonnier, directrice du Centre national de vaccination et des maladies respiratoires du CDC.

Messonnier ajoute que 9 patients sur 10 sont âgés de 18 ans ou moins, la moyenne d’âge étant de 4 ans. Certaines personnes recouvrent vite la santé, mais d’autres « continuent de souffrir de paralysie et nécessitent des soins continus » déplore-t-elle.

Une recrudescence périodique

Les premiers diagnostics ont été réalisés pour la première fois en 2014. Le CDC s’intéressait alors à 120 cas suspects. De manière générale, on dénombre aux États-Unis 22 à 38 cas par an. En 2016, les autorités sanitaires diagnostiquent pas moins de 149 personnes. On observe à nouveau cette tendance à la hausse en 2018. Si le CDC venait à confirmer les 110 autres cas, cette année représenterait un pic pour la MFA.

Les professionnels de la santé américains sont incapables pour l’instant d’expliquer cette recrudescence qui survient tous les deux ans. Ils craignent notamment que cette tendance à la hausse ne s’amplifie dans les années ou les décennies à venir. La pathologie est rare, souvent inconnue du grand public, si bien que certains symptômes peuvent parfois prêter à confusion avec d’autres maladies plus courantes.

Les causes restent incertaines

Les virus et les toxines environnementales sont considérés comme des causes possibles de la MFA. Les recherches sur d’éventuels facteurs environnementaux ne sont cependant pas concluantes. Des experts en santé publique avancent l’hypothèse selon laquelle la MFA sera liée à une épidémie d’entérovirus D68, une pathologie respiratoire qui se manifeste souvent par un écoulement nasal, une toux et des courbatures.

Le CDC ne réfute pas cette hypothèse mais précise que d’autres virus respiratoires peuvent aussi être en cause. « La MFA peut être provoquée par d’autres virus, tels que l’entérovirus et le virus du Nil occidental, des toxines environnementales et une situation dans laquelle le système immunitaire attaque et détruit les tissus qu’il prend pour des corps étrangers. » résume Messonnier.