Les chercheurs du MIT veulent inculquer une conscience sociale aux voitures autonomes

Actuellement, les voitures autonomes commencent à envahir peu à peu nos routes. Toutefois, si leur fonctionnalité de conduite automatisée est indubitablement sympa, les voitures autonomes suscitent toujours un certain degré d’inquiétude, particulièrement au niveau de leur sécurité et leur fiabilité. Justement, le laboratoire d’informatique et d’intelligence artificielle du Massachusetts Institute of Technology (MIT CSAIL) a récemment publié un article dans le Journal Proceedings de la National Academy of Sciences, comme nous le rapporte Geek.

Selon ces chercheurs, « bien que les technologies autonomes  se soient considérablement améliorées, elles considèrent toujours les conducteurs qui les entourent comme des obstacles composés de 1 et de 0 plutôt que des êtres humains dotés d’intentions, de motivations et de personnalités spécifiques ».

Un compteur de vitesse d'une voiture

Crédits Pixabay

L’objectif du MIT CSAIL est ainsi d’enseigner ce que les chercheurs appellent « la conscience sociale » aux véhicules autonomes afin que ceux-ci puissent prévoir le comportement des autres conducteurs.

Êtes-vous plutôt égoïste ou prosocial au volant?

Dans cette optique, les chercheurs du MIT CSAIL ont entrepris d’apprendre au logiciel de conduite autonome à classer les personnalités sociales des conducteurs en différentes catégories parmi lesquelles on distingue les conducteurs dits « égoïstes » et les conducteurs altruistes ou coopératifs dits « prosociaux ».

Pour établir ces catégories, les scientifiques ont utilisé un outil psychologique appelé Social Value Orientation (SVO). Grâce à cela, la voiture autonome peut analyser les SVO des conducteurs et concevoir en temps réel les trajectoires qu’elle doit suivre.

Comme Wilko Schwarting, étudiant diplômé et chercheur principal de l’étude, l’a souligné dans un communiqué, « travailler avec et autour des humains requiert de déterminer leur intention pour mieux comprendre quel sera leur comportement ». Il ajoute également que «la tendance des gens à être collaboratifs ou compétitifs se répercute souvent sur la manière dont ils se comportent. Dans cet article, nous avons cherché à comprendre si c’était quelque chose de quantifiable ».

Le logiciel peut déjà prédire le comportement des conducteurs à 25%

En testant leur logiciel dans des simulations telles que la fusion des voies ou le virage à gauche non protégé, il s’avéra que le logiciel pouvait prévoir le comportement des autres conducteurs à 25%. Dans une vidéo de simulation, on peut voir que le véhicule autonome attend de savoir si le conducteur se comporte de manière égoïste ou proactive avant d’emprunter une voie.

Créer un comportement plus humain dans les véhicules autonomes est fondamental pour la sécurité des passagers et des véhicules environnants, car se comporter de manière prévisible permet aux humains de comprendre les actions de la voiture autonome et de réagir de manière appropriée, souligne Wilko Schwarting.

Pour le moment, le système du MIT CSAIL n’est pas encore assez opérationnel pour être incorporé aux voitures autonomes. Toutefois, les chercheurs envisagent déjà d’appliquer le même modèle aux piétons, aux vélos et autres usagers de la route dans un avenir proche.