Les chercheurs ont mis la main sur l’enzyme responsable de l’odeur caractéristique de nos aisselles

C’est l’été ! Et avec la chaleur, certaines odeurs corporelles, souvent gênantes et pas forcément les bienvenues vont pointer le bout de leurs nez. Mais vous êtes-vous déjà posé la question de l’origine l’odeur de nos aisselles ? Cette senteur si caractéristique qui ne reflète pas toujours une mauvaise hygiène.

Des chercheurs de l’Université de York (Canada) et de Saint Andrews (Écosse) se sont justement intéressés à cet aspect particulier de notre physiologie, resté sans réponse depuis trop longtemps.

Photo d'une femme qui s'étire au réveil

Photo de Bruce Mars. Crédits Unsplash.

Apparemment, l’odeur « gênante » de nos aisselles serait en fait le fruit d’un enzyme qu’on peut retrouver chez certaines bactéries. Une découverte qui nous permettra peut-être un jour de nous débarrasser de cette mauvaise odeur, pour de bon, selon les chercheurs.

Le mécanisme de cette odeur indésirable sous la loupe

Comme vous le savez sûrement, l’odeur des aisselles est due aux bactéries qui côtoient les glandes apocrines, une des principales catégories de glandes sudoripares qu’on trouve chez l’homme.

Plus exactement, ces glandes sécrètent des molécules organiques à l’intérieur des follicules pileux de nos aisselles, et sous l’action de certaines bactéries qui vont transformer ces molécules, on aboutit à cette fameuse odeur de transpiration.

Notons que cela ne concerne pas uniquement les aisselles, mais aussi les mamelons et les organes génitaux externes.

Les responsables ? Des microbes commensaux dont le Staphylococcus, le Cutibacterium et le Corynebacterium. Et parmi ces chers staphylocoques, Gavin Thomas, professeur à l’Université d’York, et ses collègues, ont identifié 3 espèces coupables : le Staphylococcus hominis, le Staphylococcus haemolyticus ainsi que le Staphylococcus lugdunensis.

Le fameux enzyme produit par ces trois staphylocoques

Thomas et son équipe ont alors pu déterminer c’est un enzyme, le cystéine-thiol lyase, qui est responsable de la transformation des molécules secrétées par les glandes apocrines. Et cet enzyme est produit par le Staphylococcus hominis, le Staphylococcus haemolyticus et le Staphylococcus lugdunensis, donnant du thioalcool, la molécule associée à la fameuse odeur de transpiration de nos aisselles.

Autre précision, ces chercheurs ont retrouvé une trace de la production de cet enzyme par le Staphylococcus hominis, bien avant que l’Homo sapiens n’ait émergé en tant qu’espèce. Ainsi, l’apparition des staphylocoques responsables de mauvaises odeurs remonterait à environ 60 millions d’années avant nous.

Grâce aux résultats de l’étude qu’ils ont menée, récemment publiés dans Nature: Scientific Reports, l’origine du « mal » est maintenant connue.

Mots-clés physiologie