Les cochons seront peut-être les donneurs d’organes du futur

La revue Science a publié le 10 août dernier une étude internationale qui met en avant les travaux des fondateurs de la société eGenesis, George Lurch et Luhan Yang. Avec l’aide de plusieurs chercheurs internationaux, ces deux scientifiques ont réussi à modifier génétiquement 37 porcelets pour que leurs organes puissent être utilisés pour une xénotransplantation.

La xénotransplantation consiste à greffer sur un humain l’organe d’un donneur animal. En utilisant des méthodes de clonage, les fondateurs de l’entreprise eGenesis ont pu créer des porcelets non porteurs du virus PERV. Ce virus endogène porcin peut être transmis à l’homme et lui causer une immunodéficience et la création de tumeurs.

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Les résultats de ces expériences ouvrent la voie à la transplantation d’organes de porcs sur les hommes.

Les ciseaux génétiques contre le virus PERV

Pour retirer les gênes PERV, les scientifiques ont eu recours aux ciseaux génétiques CRISPR/Cas9 pour modifier une séquence d’ADN prélevée sur une cellule œuf de porc. Les chercheurs ont découpé puis retiré les gènes porteurs du virus avec une enzyme scalpel spécifique appelée Cas9.

Après avoir éliminé les gênes PERV de la cellule œuf de porc, les chercheurs ont par la suite implanté les noyaux cellulaires dans les ovocytes d’une truie avant d’être réintroduits dans l’utérus d’une autre truie.

Possibilité de xénotransplantation d’ici deux ou trois ans

Auparavant, les transplantations d’organes de porc ne concernaient uniquement que les valves cardiaques et le pancréas. Grâce à cette grande avancée scientifique, les scientifiques pourront maintenant envisager de prélever des organes comme le cœur, le foie, le poumon ou encore les reins sur les porcs pour les transplanter dans des receveurs humains.

Selon la revue Science, les organes des porcs peuvent atteindre une taille idéale pour les humains et sauver ainsi un grand nombre de malades en attente de greffe. En effet, des chiffres ont montré que près de vingt-deux personnes mourraient chaque jour aux États-Unis à cause d’un manque de donneurs d’organes.

Les généticiens américains se veulent encourageants et ont annoncé qu’une première tentative de xénotransplantation pourra se faire d’ici deux ou trois ans.