Les débris spatiaux, un problème qui risque de continuer à s’aggraver

Aujourd’hui, l’espace qui se trouve juste autour de la Terre n’est plus aussi calme et désert qu’il y a de cela 60 ans. En effet, depuis la mise en orbite du tout premier satellite artificiel Sputnik 1 en 1957, les lancements se sont succédé et cela a causé l’accumulation d’une grande quantité de débris spatiaux. Ces derniers, composés de pièces provenant de lanceurs et de satellites hors service, sont pourtant très dangereux puisqu’ils peuvent causer des problèmes aux satellites fonctionnels ainsi qu’aux missions habitées.

Selon un rapport rédigé par l’ESA ou European Space Agency, on est actuellement au courant de ce problème et des mesures ont commencé à être prises ces dernières années. Cependant, les efforts fournis jusqu’ici ne sont pas suffisants et les risques de collisions continuent d’augmenter. Un exemple concret démontrant cette augmentation du risque est le fait que la Station Spatiale Internationale a déjà dû effectuer trois fois des manœuvres d’urgence pour éviter une collision avec des débris spatiaux.

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D’après le rapport de l’ESA, même si les collisions sont dangereuses, il y a encore pires qu’elles dans le domaine spatial et ce sont les explosions en orbite. Au cours des 10 dernières années, les collisions n’ont en effet été responsables que de 0,83 % de tous les événements de fragmentation. Selon Holger Krag, le responsable du Space Safety Programme de l’ESA, les explosions causées par les restes de carburant ou par les batteries laissées dans les fusées ou les satellites hors service sont actuellement la principale source des fragments dangereux.

Les solutions possibles

Par rapport à la situation qu’il y avait auparavant, on peut dire que les nations ayant la capacité de lancer des satellites sont actuellement mieux capables de planifier le devenir de leurs appareils à la fin de leur mission. Plusieurs solutions ont ainsi été proposées et certaines commencent déjà à être appliquées.

Parmi ces solutions, il y a l’utilisation des fusées réutilisables pour éviter que les boosters soient juste laissés à l’abandon dans l’espace après un lancement. Cette technologie n’en est toutefois qu’à ses débuts même si quelques entreprises privées commencent déjà à y avoir recours.

Une autre possibilité est la construction d’engins spatiaux pouvant survivre aux conditions de l’espace sans se désintégrer, ou encore des modèles qui peuvent éjecter ce qu’il leur reste de carburant ou d’énergie pour éviter les explosions. Ces appareils doivent cependant être placés sur une « orbite cimetière » se trouvant bien au-delà de l’orbite utilisée par les appareils en service, ou encore détruits dans l’atmosphère terrestre.

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Prendre des mesures au niveau mondial

D’après le modèle statistique de l’ESA, il y aurait aujourd’hui plus de 130 millions de pièces de débris spatiaux d’origine humaine et mesurant moins de un millimètre dans l’espace. Le seul moyen de régler ce problème selon l’ESA est ainsi de travailler ensemble. Dans ce contexte, le nombre de pays ayant commencé à se conformer aux règlementations internationales a augmenté ces dernières années.

Tim Florer, le responsable du Space Debris Office de l’ESA, explique que leur rapport montre clairement que l’augmentation du nombre de satellites placés en orbite basse ne cesse d’accélérer. Si l’on veut continuer à profiter des bienfaits apportés par les appareils en orbite dans le domaine de la science et de la technologie, il est ainsi essentiel que tout le monde suive les directives qui visent à réduire la quantité de débris, et ce au moment du développement des appareils et au cours des opérations.

On peut dire que l’agence spatiale européenne s’implique réellement dans cette lutte contre les débris spatiaux. Elle a entre autres mis sur pied un projet qui a pour but de collecter ces fragments dangereux et qui sera lancé en 2025. Attendons ainsi de voir si des solutions efficaces peuvent effectivement être trouvées avant que ces pièces indésirables ne causent des catastrophes en orbite.

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