Les développeurs pas totalement ouverts sur leurs projets à cause d’une “toxicité” de la culture gamer ?

Comparativement à d’autres arts tels que la musique et le cinéma, le média jeu vidéo apparaît comme un adolescent au potentiel énorme mais aux réactions encore bien trop épidermiques pour que les développeurs prennent le risque de totalement tomber le masque auprès de cette communauté.

Charles Randall est un programmeur connu pour son travail au sein d’Ubisoft (Assassin’s Creed) et de BioWare (Baldur’s Gate). Il y a quelques jours, il a rapporté sur son compte Twitter une remarque lui ayant été faite par un ami : “J’aimerais que les développeurs fassent preuve de plus de franchise concernant leurs projets”.

Source : SD-Pictures / Pixabay

Ce à quoi Charles a répondu à son interlocuteur, alors étonné, que les développeurs étaient en fait plus ouverts qu’il ne pouvait le penser. Le fait est que cette sincérité se limite à un cercle réduit de personnes, excluant celles qui pourraient se servir de propos émis par ces développeurs pour initier des discussions délétères sur la toile.

Les développeurs de jeux vidéo sincères, mais entre eux

“La condition est que nous ne sommes francs qu’avec des personnes de l’industrie. Parce que la culture gamer est tellement toxique qu’être franc en public est dangereux…  […] Regardez n’importe quel sujet [dans les forums virtuels] où certains commentaires stupides disent à quel point ce serait ‘facile’, disons, d’ajouter du multijoueur ou de changer de moteur. N’importe quel développeur parlant de manière sincère sur la difficulté de [réaliser] ce genre de choses déclenche l’arrivée d’une vague de personnes remettant en question leur CV tout entier.”

Charles ajoute qu’il existe encore des sujets qu’il ne se sent pas à aborder sur la toile en raison de précédents ayant conduit à “des titres stupides, des malentendus et du harcèlement”. Notre homme poursuit en indiquant qu’“on vous servirait tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le développement de jeux s’il n’y avait pas cette communauté gamer toxique. Nous * adorons * parler du développement, des défis auxquels nous sommes confrontés, des problèmes que nous résolvons, des raccourcis que nous prenons. Mais ça n’en vaut quasiment jamais la peine.”

Le développeur raconte qu’il y a quelques semaines, après avoir tenu une conférence dans une salle remplie d’enfants de tous âges, l’un d’eux lui a affirmé à quel point les développeurs de jeux vidéo étaient mauvais après avoir été influencé par un YouTubeur sur la question. Si Charles espère lui avoir un tant soit peu fait entendre raison, il s’attend néanmoins à ce que ce charmant bambin demeure intoxiqué à ses visionnages YouTube jusqu’à s’en prendre, un jour prochain, à un autre développeur parce que son idole dark_kibito n’aura pas supporté le report de Final Fat Nazi aux calendes grecques.

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