Les employés de Google manifestent contre le harcèlement sexuel au sein de l’entreprise

A Dublin, Londres, Tokyo, Berlin et dans plusieurs autres villes, des manifestations contre le harcèlement sexuel au sein de Google se sont tenues le 1er novembre 2018. Les employés ont été invités à quitter leur bureau à 11h10. C’est ainsi que des centaines de personnes se sont rassemblées dans un parc à New York.

Plusieurs salariés comme Claire Stapleton et d’autres manifestants anonymes ont élevé leur voix. Le mouvement se base sur des années de travail et revendique des changements dans la politique de le la firme de Mountain View contre le harcèlement.

Ce n’est pas une affaire récente, mais c’est une enquête publiée par le quotidien New York Times qui est à l’origine de tous ces rassemblements.

Google aurait couvert des hauts responsables aux comportements inappropriés

En octobre 2018, le New York Times a publié un article portant sur les déboires du géant du web. Des plaintes ont été portées contre des cadres pour harcèlement sexuel. Parmi ces dirigeants, Andy Rubin, cofondateur d’Android et Rich Devault, responsable de X, division d’Alphabet, ont été cités. Google aurait versé 90 millions de dollars d’indemnité de départ à Andy Rubin et Rich DeVault a pu conserver son poste malgré l’affaire.

Sundar Pichai, PDG de Google, s’est excusé dans un courriel auprès de ses employés et leur a assuré que depuis ces deux dernières années, 48 salariés, dont 13 hauts responsables, ont été licenciés pour harcèlement sexuel sans recevoir d’indemnité de départ. Le CEO affirme également apporter son soutien aux employés qui veulent participer aux manifestations.

Des demandes claires ont été formulées par les manifestants

Les employés réclament à Google de mettre fin à l’arbitrage forcé qui ne permettent pas aux victimes d’attaquer en justice leurs « agresseurs. » Ils exigent aussi à ce que soient réglés les problèmes d’inégalité de salaires et d’opportunités en fonction du sexe et de l’ethnie des salariés.

Les collaborateurs de la firme exigent également des mesures claires, uniformes et inclusives pour un signalement sécuritaire et anonyme en cas de harcèlement et revendiquent des rapports transparents qui seront rendus publics. Une collaboration plus étroite entre le responsable de la diversité, le directeur général et le conseil d’administration est sollicitée.

Les concurrents de Google comme Microsoft ou Uber ont déjà initié des réformes dans leur politique contre le harcèlement. Yana Calou de l’ONG Coworker.org affirme que le groupe ne devrait avoir aucune difficulté à satisfaire la première demande.

Ce n’est pas la première fois que Google doit faire face à la fronde de ses salariés. Plus tôt dans l’année, plusieurs ingénieurs s’étaient élevés et avaient demandé à ce que le géant cesse de travailler sur le projet Maven, un projet pour le compte de l’armée. Google avait alors mis fin à son contrat.