Les Etats-Unis interdisent l’exportation de certains logiciels d’intelligence artificielle

Les États-Unis ont annoncé l’imposition de nouvelles restrictions concernant l’exportation de certains programmes d’intelligence artificielle à l’étranger, rapporte Reuters le vendredi 3 janvier 2020. En effet, cette mesure d’interdiction survient dans le cadre de l’application de la loi de 2018 sur la réforme du contrôle des exportations, également connue sous le nom d’ECRA ou Export Control Reform Act.

Cette loi, qui prendra effet à partir du lundi 6 janvier 2020, obligera le gouvernement américain à examiner la manière dont il peut restreindre l’exportation des technologies « émergentes » et « essentielles à la sécurité nationale des États-Unis ». Et ces types de technologies comprennent l’intelligence artificielle.

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La présentation de l’ERCA en 2018 a suscité une vive inquiétude dans l’industrie de la technologie, craignant que cette législation ne nuise au domaine de l’intelligence artificielle, qui tire une grande partie de ses bénéfices de l’échange des recherches et programmes commerciaux à travers les frontières.

L’interdiction a une portée très limitée

Toutefois, la portée de l’interdiction s’est avérée extrêmement étroite étant donné qu’elle ne s’applique qu’aux logiciels utilisant des réseaux de neurones pour découvrir des « points d’intérêt » comme des maisons ou encore des véhicules dans l’imagerie géospatiale.

La décision, publiée par le Bureau of Industry and Security, prévoit que la restriction ne s’applique qu’aux logiciels avec une interface utilisateur graphique qui est une fonctionnalité facilitant l’exécution des programmes pour les utilisateurs non techniques. De plus, les entreprises devront demander des licences avant d’exporter ces logiciels, sauf si ces derniers sont commercialisés au Canada.

Pour rappel, ce n’est pas la première fois que les États-Unis imposent des restrictions commerciales impactant sur le domaine de l’intelligence artificielle, ne serait-ce que pour citer l’interdiction qu’ils ont prononcée à l’encontre des entreprises américaines de faire affaire avec des entreprises chinoises. D’ailleurs, The Verge indique dans un article du dimanche 5 janvier 2020 que cette mesure de restriction pourrait également servir aux États-Unis à rivaliser avec la Chine.

L’imagerie géospatiale, une source d’informations importante dans plusieurs domaines

Par ailleurs, l’utilisation de l’apprentissage automatique dans l’imagerie géospatiale est une pratique courante puisque les satellites capturent d’énormes quantités de données que l’IA peut rapidement trier pour détecter des images intéressantes du point de vue des contrôleurs humains. D’autant plus que ces programmes servent à divers types de clients comme des écologistes pour surveiller la propagation des feux de forêts ; les analystes financiers pour suivre le déplacement d’un cargo.

Justement, les Etats-Unis développent un outil d’analyse basé sur l’IA nommé Sentinel qui devrait signaler les anomalies sur les images satellites comme des mouvements de missiles ou encore de troupes.