Les Etats-Unis pourraient bientôt plafonner la concentration de nicotine dans les cigarettes électroniques

Alors que l’Union européenne a déjà fixé la limite de 20 mg de nicotine par millilitre pour les cigarettes électroniques commercialisées au sein des pays européens, les États-Unis n’en ont encore jamais établi, du moins, jusqu’à présent. Si bien que les entreprises américaines qui fabriquent et commercialisent des cigarettes électroniques sont allées jusqu’à proposer des gousses de 5% contenant 59mg de nicotine par millilitre à leurs clients.

Mais les choses pourraient bientôt changer, car, comme le rapporte Engadget, un représentant a récemment proposé un projet de loi ramenant et fixant la concentration de nicotine à 20 mg/ml aux États-Unis.

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Une initiative qui survient dans un contexte tendu, et alors que les cigarettes électroniques font face à de multiples interdictions dans plusieurs États américains.

Plusieurs États se méfient des cigarettes électroniques

Par exemple, le Michigan, Washington et le Massachusetts ont respectivement pris des mesures pour restreindre ou même interdire la vente des produits de vapotage sur leur territoire. La raison en est que ces produits attirent de plus en plus de jeunes alors même que leurs effets sur la santé sont assez controversés.

Si certains fumeurs adultes attestent que les cigarettes électroniques les ont aidés à se défaire de l’envie de fumer, certains d’entre nous l’ont même vécu personnellement, une maladie pulmonaire dont l’origine peut être indirectement liée à la cigarette électronique sévit depuis cet été sur le territoire américain.

C’est d’ailleurs la raison qui a poussé le Massachusetts à interdire temporairement la vente de ces produits, du moins jusqu’à ce que le CDC détermine la cause exacte de cette maladie.

Désintéresser les jeunes des cigarettes électroniques

Si la question relative à la santé fait partie des piliers de la démarche du représentant des États-Unis, Raja Krhishnamoorthi, lors de la présentation de ce projet de loi, sa préoccupation principale reste le vapotage de plus en plus présent chez les jeunes.

En effet, la FDA a révélé en septembre dernier une augmentation inquiétante du nombre de jeunes qui se mettent au vapotage. S’il était de 11,7% en 2017, elle a augmenté à 20,8% en 2018 contre 27,5% en 2019 et ces jeunes sont tous des étudiants en classe secondaire.

« En tant que parent inquiet, je suis déterminé à empêcher une nouvelle génération de toxicomanes à la nicotine. Limiter la concentration de nicotine dans les cigarettes électroniques est essentiel pour mettre fin à l’épidémie de vapotage chez les jeunes en rendant ces produits moins toxicomanogènes, moins attrayants et moins nocifs pour la santé publique », a déclaré le représentant dans un communiqué.

Une réglementation à double tranchant

La Dr Anne Schuhat, directrice adjointe principale des centres américains de contrôle et de prévention de la maladie, a déclaré à CNN que « le niveau de nicotine dans les produits de cigarette électronique actuels est extrêmement élevé et crée une forte dépendance » d’autant plus que « les sels de nicotine utilisés par les générations plus récentes de cigarettes électroniques rendent le produit très agréable au goût ».

Le sel de nicotine n’est autre qu’une forme de nicotine qui se rapproche de celle contenue dans les cigarettes traditionnelles, mais dont le goût est masqué par un produit chimique de base associé à un acide organique.

Seulement, pour Gregory Conley, président de l’American Vaping Association, ce projet de loi restrictif pose un « dilemme en matière de santé publique » en ce sens que la forte dose de nicotine de certains fabricants « est à la fois responsable de l’arrêt de nombreux fumeurs adultes et de l’augmentation du nombre de jeunes expérimentateurs et du nombre d’abus de ces produits ».

Il craint également que ces interdictions ne fassent « qu’encourager les ventes de produits non réglementés sur le marché noir et le marché gris et envoient les jeunes à la recherche de produits de vapotage THC illicites ». Produits qui seraient précisément liés à l’épidémie évoquée un peu plus haut.

En tout cas, de nombreuses enseignes comme Kroger, Walmart et Rite Aid ont pris la décision drastique de ne plus vendre de cigarettes électroniques. Contrairement aux armes, qui restent en vente dans la plupart de ces boutiques en dépit des nombreuses fusillades auxquelles les États-Unis ont eu à faire face ces dernières années.