Les Français passent trop de temps sur les sites pour adultes

Comment se comportent les Français lorsqu’ils sont sur Internet ? La Fondation Descartes a tenté de répondre à cette question grâce à une étude impliquant 2 372 personnes pendant 30 jours. Cette étude intervient dans le contexte de la crise sanitaire due à la Covid-19 où les fake news et les complots sont apparus en masse en ligne, notamment au niveau des réseaux sociaux. La fondation a ainsi voulu savoir comment les Français exploitaient Internet dans le cadre de l’accès à l’information.

Les chercheurs de la Fondation Descartes ont adopté une méthodologie innovante au cours de leur étude, le but étant de décrire plus finement le comportement des Français vis-à-vis des informations. Ils ont demandé à l’entreprise Respondi, une boîte travaillant dans les données numériques, d’enregistrer la totalité de l’activité en ligne d’un groupe de personnes représentatif de la population mondiale.

Un homme utilisant une tablette
Crédits Pixabay

Ensuite, ils ont analysé les consultations de 2 946 sources web d’information médiatique. Parmi ces sources, il y avait entre autres les pages web de la presse nationale, régionale et locale, ainsi que les chaînes de télé et radio qui proposent des émissions d’information. Un questionnaire a été donné à remplir par les participants après 30 jours pour pouvoir établir leur profil sociologique, mais aussi pour demander leur avis sur leur rapport avec l’information médiatique.

En général, les résultats obtenus montrent que les Français sont loin de s’intéresser aux informations proposées sur Internet, rapporte Slate. En moyenne, 3% seulement du temps total que les internautes français passent en ligne est dédié à consulter des sources d’informations médiatiques. Cela correspond à peu près à 5 minutes par jour. On peut ainsi dire que les Français passent plus de temps sur des sites de loisir comme les sites pour adulte que sur des sites d’information.

Ce que disent les chiffres

Les résultats de l’étude montrent certaines variations. En effet, pendant les 30 jours, 17% des participants n’ont consulté aucune source d’information en ligne tandis que 5 % ont consulté ce genre de source pendant plus de 10 heures. Ceux qui ont plus de 50 ans, ainsi que ceux qui se disent très intéressés par l’actualité, sont ceux qui s’informent le plus.

Pour ce qui est de la désinformation, les chercheurs ont trouvé que 39% des participants ont consulté des sources connues pour la diffusion d’informations fausses ou douteuses. Ces participants ont passé en moyenne 11% de leur temps quotidien d’information en ligne à consulter ces sources. Cela correspond à 0,4% de leur temps total de connexion.

Les résultats ont pu offrir une description de ceux qui étaient plus susceptibles de visiter des sites de désinformation sur des sujets sociaux et politiques. En effet, parmi ceux qui ont consulté au moins une fois ce genre de site, les plus nombreux étaient les hommes, ceux qui vivent seuls, ceux qui n’ont pas confiance dans les institutions, le gouvernement et les médias, et qui se disent intéressés par l’actualité.

D’un autre côté, les sites de désinformation sur la santé consultés au moins une fois ont été visités par un public différent. Il y avait plutôt des femmes, des personnes âgées et des inactifs, parmi lesquels des retraités. Ces derniers sont aussi plus susceptibles de tomber sur les sites du type « pièges à clics ».

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La source n’est pas importante ?

En ce qui concerne les questionnaires à remplir par les participants, les résultats ont montré que ces derniers ont une représentation relativement floue de leur comportement informationnel en ligne. Ils ont en effet tendance à surévaluer leur consultation effective des sources d’informations proposées dans le questionnaire. On peut ainsi se demander quelle est la raison derrière ce décalage entre ce que les participants déclarent consulter et ce qu’ils consultent réellement.

Selon les chercheurs, leur étude ne permet pas de répondre directement à cette question. Toutefois, il n’est pas faux de dire que c’est difficile pour une personne de décrire avec précision son parcours informationnel sur le web.

Par rapport au peu de temps passé en moyenne sur une même source, il apparait qu’un grand nombre d’internautes se contentent d’une information minimale. Il y a d’ailleurs une étude publiée en 2016 qui a montré que la plupart des articles partagés sur Twitter n’ont pas été lus avant le partage. Ainsi, les internautes se sont juste reposés sur le titre pour juger que les articles étaient intéressants et dignes d’être partagés.

On peut ainsi dire que les internautes ne jugent pas important de connaitre la source des articles qu’ils lisent en ligne. Il s’agit cependant d’un comportement qui permet aux fausses informations d’être relayées.