Les Hobbits de Florès ne descendraient pas de l’Homo erectus

L’Homo florensiensis fascine les anthropologues depuis plusieurs années maintenant et de nombreuses études ont été menées afin de déterminer l’origine de ceux que l’on appelle aussi les Hobbits de Florès. La dernière en date est signée de la main du Dre Debbie Argue et de son équipe et elle remet en question tout ce que nous pensions savoir à leur sujet.

L’Homo florensiensis a été découvert en 2003 dans une grotte située sur l’île indonésienne de Florès, au nord-ouest de l’Australie.

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Mike Morwood et Radien P. Soejono s’étaient rendus sur place afin d’effectuer des fouilles lorsqu’ils ont eu la surprise de tomber sur plusieurs ossements accompagnés d’un crâne.

L’Homo florensiensis, un sujet qui passionne les anthropologues

Après avoir analysé les restes, les scientifiques ont découvert que ces ossements appartenaient en réalité à un hominidé. Seul problème, la taille des os ne correspondait pas. D’après leurs calculs, les individus de cette espèce mesuraient en effet un mètre de hauteur, pour un pas moyen situé entre 16 et 28 kg. Ils étaient donc bien plus petits que leurs cousins.

En raison de l’état des ossements, les chercheurs n’ont pas pu les dater directement et ils ont donc décidé de s’appuyer sur le charbon de bois présent sur le site pour estimer l’âge de ces restes. Ils ont alors estimé l’âge de ces ossements à environ 18 000 ans.

Toutefois, Thomas Sutikna, Richard Roberts et Matthew Tocheri ont mené d’autres analyses plus poussées en utilisant cette fois les sédiments placés autour des ossements. Ils ont alors réalisé que ces restes dataient en réalité de 50 000 ans. Intrigués, les chercheurs ont mené d’autres fouilles à proximité des ossements et ils ont alors découvert des outils sculptés dont l’âge se situerait entre 50 000 et 190 000 ans.

Les Hobbits n’ont pas encore révélé tous leurs secrets

Les scientifiques ont donc pensé que l’Homo florensiensis descendait directement de l’Homo erectus.

La Dre Debbie Argue, une scientifique travaillant pour l’Université nationale australienne de Canberra, a voulu s’en assurer et elle a donc mené une équipe de chercheurs afin d’analyser plus en détail ces fameux ossements. Ils ont ainsi étudié 133 caractéristiques différentes propres au crâne, à la mâchoire, aux dents, aux épaules, aux bras et aux jambes du Hobbit de l’île de Florès et ils les ont ensuite comparées à celles de toutes les autres espèces connues d’hominidés.

Ils ont alors découvert que l’Homo florensiensis était un cousin lointain de l’Homo habilis, avec des racines originaires de l’Afrique. En revanche, leurs tests n’ont révélé aucune preuve d’un lien direct avec l’Homo erectus.

Pour le moment, donc, les Hobbits n’ont pas encore révélé tous leurs secrets.

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