Les humains seraient-ils des descendants de cannibales ?

Des ancêtres humains de la préhistoire étaient probablement des cannibales. Des archéologues viennent de trouver des vestiges qui prouvent que des hommes du paléolithique pratiquaient l’anthropophagie. Il s’agit notamment d’ossements de bisons, de moutons et de onze êtres humains dont certains auraient appartenu à des adolescents. Le cannibalisme aurait perduré pendant cent-mille ans.

Un chercheur a tenté de trouver les motivations cannibales de ces précurseurs de l’humanité. Après une étude portée sur l’apport nutritif de la chair humaine, il a déduit que celle-ci aurait une piètre valeur nutritive. Certains scientifiques réfutent ainsi la théorie de la motivation par la nécessité de se nourrir. Ils optent plutôt pour d’autres hypothèses spirituelles, culturelles…

Cannibalisme

Pour l’instant, aucune preuve ne peut appuyer les différentes théories sur les raisons de ce phénomène. Dans tous les cas, il s’agirait d’un fait courant chez les animaux.

Des cas de cannibalisme remontant au paléolithique

Les ossements de ces Homo antecessor mélangés avec les ossements animaux ont été retrouvés dans des grottes du site Gran Dolina. Âgés d’environ huit-cent-mille ans, ils présentent de marques de cannibalisme. Ils comportent notamment des traces de découpe qui prouvent que la chair a été retirée de l’os.

Celles-ci montrent également que le cerveau a été extrait de la boîte crânienne des victimes.

Un chercheur du nom de James Cole a analysé la qualité nutritionnelle de la viande humaine afin de connaître la motivation cannibale. D’après ses conclusions, à cette époque, la chair humaine était moins nutritive que celle des animaux.

Elle renfermait 38% de protéines contre 60% pour les autres espèces. Elle n’apportait que 146 calories contre 298 calories pour le sanglier.

Deux raisons pour expliquer ces cas

D’une manière générale, il existe deux raisons qui poussent à l’anthropophagie. Cette dernière peut être pratiquée dans un but rituel, comme dans les cérémonies funéraires ou guerrières. Un but nutritionnel, notamment dans le cas d’une extrême famine, peut également l’expliquer.

D’après James Cole, « la consommation d’un corps humain n’aurait pu assurer les besoins énergétiques d’un groupe de 25 personnes que pendant une journée et demie seulement. » De plus, les vestiges retrouvés présentent des signes de préparations, l’urgence nutritionnelle n’expliquerait donc pas la pratique.

Silvia Bello du National History Museum de Londres apporte son point de vue. Elle estime que « le cannibalisme paléolithique était probablement plus souvent utilisé comme un choix plutôt que comme une nécessité. »