Les Lignes de Nazca ont-elles révélées tous leurs secrets ?

Les Lignes de Nazca ont toujours fasciné les archéologues et même certains géologues. Les études sur le sujet se comptent par dizaines et une chercheuse pense finalement avoir résolu l’énigme. Pour de bon.

Inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO, ces lignes ont été évoquées pour la toute première fois dans un récit signé de la main du conquistador espagnol Pedro Cieza de Leon en 1553. L’ouvrage portait sur le voyage entamé par ce dernier à travers un territoire inconnu, un territoire correspondant plus ou moins à celui du Pérou.

Nazca

À l’époque, l’homme n’avait cependant pas pris suffisamment de hauteur pour réaliser la véritable nature de ces lignes et il les avait ainsi prises pour de simples pistes tracées par les autochtones.

Les Lignes de Nazca, un mystère qui fascine la communauté scientifique depuis plusieurs années

Toribio Mejia Xesspe, un archéologue péruvien, a été le premier à les voir sous leur véritable nature en explorant la vallée située aux abords d’une rivière présente dans la région, la rivière de Nazca.

La première étude réelle a eu lieu dix ans plus tard. Paul Kosok, un anthropologue américain, a en effet été amené à survoler la région en travaillant sur les réseaux d’aqueducs des environs et il s’est alors rendu compte que ces lignes entremêlées formaient des motifs complexes.

Plusieurs études ont eu lieu par la suite et de nouveaux motifs ont même été découverts au fil des décennies. Ils se comptent même par dizaines et ils ont tous été tracés plus ou moins à la même période, et donc entre 300 av. J.-C. et l’an 800 de notre ère. En poussant plus loin leurs investigations, les archéologues ont déterminé que la plupart d’entre eux trouvaient leurs origines dans une période situées entre 400 et 650.

Les chercheurs ont tenté à plusieurs reprises de percer les secrets de ces motifs. Certains pensaient ainsi qu’ils représentaient un calendrier astronomique, d’autres qu’ils faisaient partie d’un rituel spécifique mis en oeuvre par une culture pré-incaïque.

Erich von Däniken a été le premier à intégrer ces motifs à une théorie ufologique s’inscrivant dans la thèse des anciens astronautes. Il l’avait d’ailleurs évoqué dans un ouvrage paru en 1968 : Chariots of the Gods.

Ce livre a fait l’effet d’un véritable électrochoc sur l’opinion publique et les Lignes de Nazca sont alors devenues à la mode.

Un système d’irrigation perfectionné ?

Rosa Lasaponara, une chercheuse travaillant pour le Conseil national de recherche à Rome, se passionne pour le sujet depuis plusieurs années et elle a récemment eu l’idée d’étudier ces motifs en croisant les données de plusieurs images satellites. En les combinant entre elles, la chercheuse et son équipe ont alors réalisé que les différentes structures en spirales trouvées à proximité des géoglyphes s’intégraient aux lignes tracées sur le sol péruvien.

Les scientifiques ont alors réalisé que ces motifs formaient en réalité un système d’aqueducs visant à transporter l’eau souterraine à travers le territoire, en direction des endroits où les Nazcas vivaient et cultivaient leurs champs. Les structures en spirales servaient pour leur part à faire remonter l’eau des nappes souterraines afin de l’amener en direction des canaux formant les motifs complexes des géoglyphes.

Cette théorie n’est certes pas nouvelle, mais l’étude réalisée par l’équipe de Rosa Lasaponara ne se contente pas de l’évoquer. Elle présente en effet de nombreuses preuves, des preuves compilées dans un ouvrage disponible depuis l’année dernière chez Springer.

Mais alors, pourquoi avoir donné de telles formes à ces motifs ?

C’est la question que beaucoup se posent. Dans son étude, Rosa Lasaponara évoque une piste intéressante. Elle pense en effet que cette civilisation vivait en harmonie avec ses dieux et que ces formes étranges étaient une manière de les remercier pour lui apporter leur soutien. En dehors de leur côté fonctionnel, les Lignes de Nazca avaient donc peut-être aussi une portée religieuse assumée.