Facebook épinglé par le New York Times

Le présumé scandale des ingérences russes lors de la dernière élection présidentielle reste une épine dans le pied du réseau social. Mark Zuckerberg a eu beau présenter des excuses sur les plateaux médiatiques comme devant les sénateurs, l’image de l’entreprise reste ternie.

La plateforme essaie néanmoins de convaincre de sa bonne foi, notamment en fermant, peu avant les élections de mi-mandat, des centaines de comptes liés à des campagnes de désinformation.

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Une enquête du New York Times révèle qu’en coulisse, Facebook utilise des méthodes peu orthodoxes pour redorer son blason. Reconnaissant publiquement son manque de réactivité en 2016, le service se paie discrètement les services de Definers Public Affairs, une agence spécialisée dans la guerre d’information.

On parle bien de guerre, car le réseau social contre-attaque de manière virulente, avec en ligne de mire les journalistes, Google et Apple. La société s’est aussi activée pour faire élire au Congrès des « amis » qui défendront ses intérêts.

Definers et NTK Network, les bras armés de Facebook

Les attaques vont d’abord à l’encontre des journalistes. Les campagnes menées par Definers et sa filiale Network visent surtout à semer le doute dans les enquêtes journalistiques, quitte à mettre en avant des théories complotistes dont raffolent des sites comme Breitbart.

Facebook a aussi envoyé ses lobbyistes faire pression sur les journalistes du New York Times pour qu’ils ne divulguent pas tous les détails des activités russes sur la plateforme.

Le NYT révèle que le réseau social tente d’impliquer Google et Apple dans l’affaire des ingérences russes. C’est notamment NTK Network qui se charge des basses besognes. Certains de ses articles minimisent l’impact des campagnes de désinformation de 2016 quand d’autres fustigent Apple qui ne serait pas plus valeureux que Facebook en matière de protection des données.

L’impact des scandales à répétition sur le moral des salariés

Lors d’une récente enquête réalisée auprès de 29 000 salariés, 53 % restent convaincus que Facebook améliore le monde, soit 19 points de moins que l’année précédente. En moyenne, ses employés envisagent de rester dans l’entreprise pendant 3.9 ans contre 4.3 l’année dernière.

L’affaire Cambridge Analytica a provoqué une vague de démissions, mais aussi la fermeture de plusieurs comptes Facebook. Ce n’est donc pas étonnant si une partie des collaborateurs ont des doutes sur l’avenir de l’entreprise. La vraie menace est que cet état de fait dissuade les jeunes de postuler chez Facebook.

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