Les microplastiques ont fait 63 victimes parmi les oiseaux de proie de la Floride

La présence de microfibres de plastiques en quantité non négligeable, retrouvées dans les entrailles de 63 oiseaux de proie morts (dont des faucons, des hiboux et des balbuzards), a été mise en évidence grâce aux résultats d’une recherche menée par des chercheurs de l’UCF (University of Central Florida). Résultats récemment publiés dans la revue Environmental Pollution.

Comme l’a souligné Linda Walters, professeur au département de biologie de l’UCF, même si le plastique est d’une grande utilité pour tous, il ne peut être dégradé de manière naturelle une fois fabriqué. De ce fait, cette matière devient un danger extrême préoccupant pour la planète et les écosystèmes qu’elle abrite.

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En effet, 86 % des microplastiques prélevés chez ces oiseaux de proie provenaient de fibres d’origine synthétique qui se sont retrouvées dans la nature via les eaux usées qui sont passées par les égouts, pour finir dans les rivières et finalement la mer. Le reste peut être associé aux résidus provenant des produits cosmétiques.

Les microplastiques, un danger mortel pour les oiseaux de proie et les animaux en général

Selon Julia Carlin, biologiste à l’UCF et principale auteure de cette étude, en tant que prédateurs, les oiseaux de proie sont cruciaux pour tout écosystème. De ce fait, la réduction de leur nombre engendrera forcément un déséquilibre pour toute la population d’animaux qui se trouve plus bas dans la chaîne alimentaire.

Grâce à l’autorisation d’un centre de réadaptation s’occupant des rapaces blessés, l’Audubon Center for Birds of Prey (Floride), les chercheurs de l’UCF ont pu analyser le contenu de l’estomac et de l’appareil digestif de 63 oiseaux de proie, trouvés dans diverses zones de la Floride centrale.

Tandis que certains des oiseaux examinés sont morts avant leur arrivée au centre, d’autres ont succombé aux effets nocifs des microplastiques, 24 heures après qu’ils aient été recueillis. Selon les chercheurs, environ 1 200 fragments de microplastiques ont été retrouvés grâce à la spectroscopie et à des dissections microscopiques dans les organes de ces oiseaux.

Les microplastiques sont donc particulièrement dangereux, car en les ingérant, les animaux s’empoisonnement. Pire, cela peut les tuer, comme ce fut le cas pour ces 63 oiseaux de proie.

Quelques recommandations préconisées par les chercheurs

À titre d’information, les microplastiques qui ont été extraits de ces 63 cadavres d’oiseaux de proie étaient, pour la plupart, bleus et clairs. La raison ? Les couleurs dominantes des plastiques ne permettent pas aux oiseaux de les distinguer de leurs proies. Donc ils les mangent avec, sans savoir que cela peut leur faire du mal.

Pour améliorer la situation, les chercheurs avancent deux solutions particulièrement simples. Premièrement, Walters nous conseille de correctement nous débarrasser des déchets en plastique, une fois qu’ils ne nous servent plus. Ensuite, autant que possible, acheter des vêtements fabriqués avec des fibres naturelles. Ce serait pas mal pour l’environnement.

En parallèle, le système de filtrage des eaux usées et des égouts pluviaux devrait être revu afin d’empêcher les microplastiques de se retrouver en masse dans la nature.

Et pourquoi pas aller plus loin dans la recherche de nouvelles méthodes pour mieux recycler les déchets plastiques.