Les ondes sismiques traversant l’océan pourraient servir de thermomètre

Les variations de chaleur dans les océans sont déjà surveillées en permanence dans divers endroits dans le monde. La Nasa effectue des mesures régulières avec le consortium ECCO (Estimating the Circulation and Climate of the Ocean), en combinant différentes données scientifiques et des statistiques. L’UNESCO a également lancé son propre programme en 2000, nommé Argo, avec l’Organisation météorologique mondiale, en récoltant des informations à partir de 3000 flotteurs.

Des scientifiques de l’université de Toronto ont eu l’idée d’analyser les ondes acoustiques émises par les tremblements de terre, pour observer la température de l’océan Indien. Un sismomètre placé dans la région indonésienne a servi pour collecter les informations nécessaires.

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Les séismes avec des épicentres dans les profondeurs marines peuvent être exploités pour observer le degré de réchauffement climatique.

La propagation des ondes sismiques dans l’eau

Lorsque survient un tremblement de terre sous-marin, les séismographes détectent d’abord les ondes primaires et secondaires. Les ondes tertiaires, surnommées T, parviennent un peu plus tard, mais ce sont celles qui sont exploitées pour mesurer la température dans l’eau. Le fait est que leur vitesse ralentit quand la mer est plus chaude. La salinité et les courants marins n’ont qu’un impact négligeable sur la célérité des ondes T.

Les chercheurs ont comparé plus de 4000 séismes avec une magnitude supérieure à 3 sur l’échelle de Richter, pour calculer les variations thermiques dans l’océan indien, aux alentours de Sumatra. Cette région est connue pour son importante activité sismique, car c’est là que la plaque eurasienne rencontre la partie indo-australienne.

Des valeurs tout à fait différentes

L’avantage obtenu avec les données récoltées par le thermomètre sismique, c’est qu’elles permettent de connaître la température dans des eaux très profondes, proche du plancher océanique. Les estimations provenant d’Argo et d’ECCO s’arrêtent à 2000 mètres sous la surface, la profondeur maximale à laquelle les appareils peuvent descendre.

Les ondes provoquées par les tremblements de terre parcourent des distances très importantes. Les évaluations permettent donc de donner des variations concernant une grande étendue d’eau, plutôt que sur un point géographique précis.

Ces différents paramètres expliquent pourquoi les valeurs relevées par les capteurs classiques sont différentes de celles qui proviennent des séismes. Cependant, comme on possède des données sismiques du passé, il est possible d’avoir un historique précis sur le réchauffement ou le refroidissement des océans.