Les ovules auraient leur mot à dire dans le choix du spermatozoïde

Une récente étude a révélé que l’ovule femme n’est pas toujours d’accord avec le partenaire choisi par la femme. Au moment de la fécondation, des signaux chimiques permettent aux gamètes femelles de n’accepter que des gamètes mâles génétiquement compatibles.

L’ovule semble exercer une certaine sélection sur les spermatozoïdes, ce qui pourrait mettre en lumière sur de nombreux cas d’infertilité cliniques inexplicables jusqu’à présent.

Un ovule en charmante compagnie

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La compatibilité est définie par un ensemble de gènes appelé CMH (complexe majeur d’histocompatibilité). Les mammifères semblent programmés pour donner une chance de survie aux meilleures progénitures. Pour cela, le corps aurait développé toutes sortes de méthodes pour favoriser les gènes les plus forts et les plus diversifiés.

L’appareil reproducteur féminin serait conçu pour défavoriser les prétendants jugés « faibles et moins acceptables ». Les hormones de la femme lui pousseraient à avoir des penchants pour un homme « arrogant et confiant, avec des traits plus masculins ».

Un vrai parcours du combattant pour les spermatozoïdes

« Les gènes servent à combattre les infections, les maladies et à aider notre système immunitaire. Leur diversification les rend plus efficaces et plus forts. Si le partenaire a une combinaison de gènes différente, le couple va produire une progéniture capable de combattre un large éventail d’agents pathogènes et de maladies », a expliqué John Fitzpatrick, professeur assistant au département de zoologie de l’université de Stockholm, en Suède.

Les spermatozoïdes déposés par l’homme devront faire un voyage long et ardu, un vrai parcours du combattant. Les fluides de l’appareil reproducteur les obligent à nager en contre-courant. En outre, le système immunitaire féminin les considère comme des envahisseurs et les attaque comme si c’était des germes.

Après l’obstacle des contractions musculaires au niveau du col de l’utérus, les spermatozoïdes doivent aussi remonter l’une des deux trompes de Fallope. Pourtant l’œuf ne descend que dans l’une d’entre elles. Même à lors phase finale, la sélection continue.

« Les ovules humains libèrent des chimioattractants. Ce sont des substances chimiques qui attirent le sperme vers des ovules non fécondés. Seulement 250 spermatozoïdes arrivent sur le site de fécondation où se trouve l’ovule, et 10% d’entre eux sont capables de féconder un ovule à n’importe quel moment », a ajouté Fitzpatrick.

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L’ovule détermine et attire le gagnant

Les spermatozoïdes possèdent des récepteurs d’odeurs qui réagissent aux chimioattractants. Cette substance les rend plus performants et vigoureux dans leur course. Si l’ovule veut qu’ils nagent plus rapidement, il enverra des signaux chimiques pour les encourager. Dans le cas contraire, il libère des substances chimiques qui ralentiront leur rythme. C’est ainsi que la femelle détermine le gagnant et l’attire vers elle.

« Le choix du spermatozoïde par les ovules est une nouvelle théorie. Cette recherche nous fera comprendre certaines causes de stérilité chez les couples », a déclaré Daniel Brison, directeur du département de médecine reproductive à l’hôpital Saint Mary’s, au Royaume-Uni.

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