Les passagers d’Air France sur écoute ?

La NSA (National Security Agency) et le GCHQ (Government Communications Headquaters) travaillent depuis plusieurs années sur un programme de surveillance spécial. Elles espionnent secrètement depuis plus de dix ans les communications téléphoniques des passagers des vols d’Air France. L’agence américaine affirme notamment qu’en décembre 2008, 50 000 personnes ont utilisé leur téléphone portable en vol. En février 2009, ce chiffre atteint le double.

Ces opérations de suivi sont avant tout motivées par l’attaque qui a frappé les États-Unis le 11 septembre 2001. Une attaque encore présente dans tous les esprits. Pour les Américains et les Britanniques, ces opérations permettent de se prémunir de nouveaux détournements d’avion.

Surveillance Air France

La NSA aurait espionné les passagers des vols Air France à leur insu.

Une explication qui ne convaincra sans doute pas les défenseurs des libertés individuelles, d’autant que toutes ces opérations ont été menées dans le plus grand secret. Il a fallu attendre les révélations faites par Edward Snowden, le célèbre lanceur d’alertes, pour en entendre parler.

Un système bien rodé

D’après un des mémos publiés dans ses archives, la NSA aurait donc mis sur pied un système de surveillance de communications visant les passagers des vols Air France. Directement relié à des liaisons satellites Immarsat, il permettrait de  suivre en temps réel tous les services dont le propriétaire d’un téléphone peut profiter.

Cela vaut notamment pour les appels, les SMS, les MMS ou encore les données consommées en data. Et pas seulement.

Lorsque l’avion atteindrait une altitude de croisière de 10 000 pieds, l’agence serait effectivement capable de détecter les téléphones allumés à bord de l’avion et de les géolocaliser. Les agents travaillant à son service pourraient alors se procurer alors les noms des utilisateurs de ces appareils et les comparer à la liste des passagers.

Le GCHQ pourrait même soumettre des commandes à distance à l’appareil pour ensuite perturber son fonctionnement.

D’autres compagnies aériennes concernées

La NSA aurait remarqué que depuis 2003, les vols d’Air France sont les cibles potentielles des terroristes comme ceux d’Air Mexico. La compagnie aérienne française ne serait donc pas la seule susceptible d’être la cible des pirates de l’air. D’autant que les satellites Immarsat couvrent de nombreuses régions du monde. L’Europe en fait partie, mais il en va de même pour l’Afrique ou même le Moyen-Orient.

En interne, la NSA et la GCHQ utiliseraient différents noms de code pour décrire ces opérations de surveillance. Les plus courants seraient “Pie voleuse” et “Pigeon voyageur”.

Il faut d’ailleurs souligner que ces opérations ont été évoquées à maintes reprises par le passé, et notamment pas le journaliste américain Glenn Greenwald. Il leur a même dédié un livre complet, baptisé “Nulle part où se cacher”. Un titre qui résume assez bien le concept.

Sous couvert de lutte contre le terrorisme, bien des dérives à l’encontre du respect de la vie privée sont devenues monnaie courante et il est sans doute important de garder ce point à l’esprit avant d’utiliser son téléphone ou n’importe quel autre produit connecté.

Le contenu de ces mémos a été publié par Le Monde un peu plus tôt dans la semaine. Suite à la publication de cet article, Air France a déclaré ne pas avoir déployé la technologie dans ses avions.