Les plantes terrestres elle-mêmes peuvent être contaminées par les micro-plastiques, selon ces chercheurs

Dans une étude publiée dans la revue Nature Nanotechnology, Baoshan Xing, professeur à l’Université du Massachusetts et son équipe, ont confirmé que les nanoplastiques ne constituent pas uniquement un danger pour l’océan et ses habitants, mais également pour les plantes terrestres.

En effet, en cultivant en laboratoire des arabettes (Arabidopsis thaliana) dans des sols différemment chargés en nanoplastiques, ils ont pu constater qu’après quelques semaines, les plantes ont absorbé ces matériaux.

Une plante qui pousse dans un gobelet plastique

Crédits Pixabay

Pour la précision, il n’existait aucune preuve que les végétaux terrestres étaient sujets à un phénomène impliquant l’absorption de nanoplastiques, jusqu’à maintenant.

Des nanoplastiques en polystyrène synthétisés pour refléter ce qui se passe dans la nature

Comme l’explique Xing, pour ce qui est des matières plastiques qui se retrouvent dans la nature, les intempéries ainsi que sa dégradation impactent ses propriétés physiques et chimiques.

Et au fil des divers mécanismes de dégradation, il arrive que la dimension des particules de nanoplastiques soit comparable ou même inférieure à celle d’une molécule ou d’un virus. De ce fait, leur absorption par les plantes se fait facilement.

Pour autant, les microparticules de plastiques présentes dans l’environnement ne sont pas semblables aux nanoplastiques en polystyrène vierge fréquemment utilisés en laboratoire. Ce sont d’ailleurs ces types de particules que Xing et son équipe ont synthétisés et utilisés dans le cadre de leurs expériences.

Une fois les sujets identifiés, en l’occurrence des plants d’arabettes, et le matériel – les nanoplastiques en polystyrène – synthétisé et chargé positivement ou négativement, les chercheurs ont procédé à leurs expérimentations.

La nocivité des nanoplastiques sur les plantes est démontrée, selon ces chercheurs

Ils ont alors cultivé dans un sol agrémenté de nanoplastiques chargés négativement ou positivement, les plants d’arabettes, afin d’examiner leur poids, leur hauteur, leur teneur en chlorophylle ainsi que le développement de leurs racines.

Après sept semaines, les scientifiques ont pu remarquer que la biomasse et la hauteur des plantes étaient anormalement faibles. Xing et son équipe affirment que les nanoplastiques ont joué un rôle majeur dans ce phénomène. Ce dernier souligne que la diminution de la biomasse est néfaste pour une plante, et pour nous autres consommateurs, nuit à la valeur nutritionnelle.

Les chercheurs ont précisé que même si les particules chargées positivement étaient moins susceptibles d’être absorbées, elles n’en sont pas moins nocives pour les plantes.

Et peu importe la charge de surface, les Arabidopsis thaliana sont en mesure d’absorber et de transporter les nanoplastiques dans leurs tissus, tant que leur taille ne dépasse pas les 200 nanomètres.

Avec cette étude, le danger que constituent les nano et microplastiques, et la pollution plastique en général, est apparemment plus proche et plus insidieux que ce qu’on aurait tendance à penser.